Adoption à l’unanimité du budget 2026 par le Parlement : Le Bénin prévoit une croissance de 7,5% l’an prochain avec un budget en hausse de 6,6%

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L’Assemblée nationale du Lire + Bénin a adopté à l’unanimité des députés présents, ce jeudi 4 décembre 2025, la loi de finances pour la gestion 2026. Ce budget ambitieux s’équilibre en ressources et en charges à hauteur de 3.783,984 milliards de FCFA, contre 3.551,005 milliards en 2025, soit une progression de 232,979 milliards de FCFA correspondant à une hausse de 6,6%.

La séance plénière s’est déroulée en présence du Ministre d’État Romuald Wadagni et d’Olushegun Bakary, ministre en charge des Affaires étrangères. Toutefois, elle a été marquée par l’absence notable des députés du parti d’opposition Les Démocrates, qui ont choisi de boycotter le vote. Seul Léon Basile Ahossi, 3ème Vice-président du parti, a participé aux travaux parlementaires, soulignant les divisions au sein de la formation politique d’opposition.

Un budget tourné vers la croissance et l’investissement

La loi de finances 2026 respecte les normes prescrites par la Loi Organique n° 2013-14 du 27 septembre 2013 relative aux Lois de Finances. Elle reflète la volonté du gouvernement de préserver les acquis de la croissance économique tout en préparant l’avenir par des investissements stratégiques et une gouvernance rigoureuse.

La progression budgétaire est principalement tirée par un secteur agricole dynamique dont l’activité devrait rester robuste grâce aux initiatives de soutien à la mécanisation agricole, l’augmentation de l’activité industrielle, l’accroissement des trafics au Port de Lire + Cotonou et les actions de promotion touristique.

Des indicateurs macroéconomiques encourageants

La loi de finances adoptée prévoit des perspectives économiques prometteuses pour 2026. Le taux de croissance du PIB est projeté à 7,5%, maintenant le même niveau que celui attendu pour fin 2025. Le déficit budgétaire, dons compris, devrait s’établir à 2,7% du PIB contre 2,9% projeté pour la fin de l’année 2025, témoignant de la volonté politique de préserver la soutenabilité budgétaire.

Le taux d’inflation sera maîtrisé, tandis que le niveau d’allocation de ressources aux dépenses à sensibilité sociale atteindrait 42% du budget général, confirmant l’orientation sociale de ce budget.

Des ressources budgétaires en forte hausse

Les prévisions de ressources budgétaires pour l’année 2026 s’élèvent à 2.645,976 milliards de FCFA contre 2.367,383 milliards prévus en 2025, soit une hausse impressionnante de 278,593 milliards de FCFA, correspondant à 11,8%. Cette amélioration soutenue repose sur les effets attendus des réformes entreprises dans le sens de l’élargissement de l’assiette fiscale et la modernisation des procédures afin d’augmenter le rendement de l’impôt.

Les prévisions de dépenses budgétaires s’élèvent à 3.065,133 milliards de FCFA, en hausse de 286,614 milliards, soit 10,3%. La hausse des dépenses demeure moins rapide que celle des recettes, témoignant de l’optimisation des charges de fonctionnement de l’administration.

Les dépenses en capital enregistrent une hausse significative de 19,9%, contre seulement 5,8% pour les dépenses d’acquisition de biens et services. Les efforts d’investissement sont particulièrement remarquables avec une augmentation de 201,364 milliards de FCFA par rapport au niveau attendu en 2025.

Le Programme d’Investissement Public (PIP) 2026 s’inscrit dans une vision triennale 2026-2028 visant le renforcement des facteurs clés de la transformation structurelle de l’économie nationale. Au titre de la gestion 2026, la contribution des ressources intérieures au financement des projets et programmes s’élève à 690,953 milliards de FCFA, soit 57% du montant total du PIP. Les ressources extérieures, constituées de dons et de prêts provenant des partenaires au développement, représentent 520,730 milliards de FCFA.

Des mesures fiscales incitatives reconduites

La loi de finances 2026 reconduit plusieurs mesures fiscales destinées à stimuler l’activité économique. Parmi les dispositions phares, on note :

L’encouragement à la mobilité propre : Les véhicules électriques neufs bénéficient d’un abattement de 90% sur la valeur en douane, tandis que les véhicules hybrides profitent d’un abattement de 95%. Les autres véhicules neufs bénéficient d’un abattement de 90%.

Le soutien au secteur énergétique : Les équipements destinés à la construction et à la rénovation des stations-services, des cuves à pétrole et à gasoil sont exonérés des droits et taxes de douane et de la TVA. Les récipients pour gaz domestique et leurs accessoires bénéficient également de ces exonérations.

L’appui à l’industrialisation : Les matériels et équipements neufs importés par les PME pour l’installation d’unités automobiles et industrielles sont exonérés des droits et taxes de douane et de la TVA. Le secteur aéronautique bénéficie également d’exonérations sur les aéronefs et leurs pièces de rechange.

Les mesures d’apurement fiscal : Du 1er janvier au 31 décembre 2026, les pénalités et majorations fiscales ne s’appliquent pas aux contribuables qui souscrivent spontanément leurs déclarations d’exercices antérieurs et procèdent au paiement intégral des droits dus.

Un plafond d’emplois ajusté

Le plafond des autorisations demplois pour la gestion 2026 est fixé à 103.513 Équivalents Temps Plein Travaillé (ETPT) contre 106.774 prévus en 2025. Cette diminution apparente ne traduit pas une baisse de la capacité de l’État à recruter, mais résulte des départs à la retraite et du décalage des opérations de recrutement. En intégrant les emplois prévus dans les secteurs de la santé, des eaux et forêts ainsi que dans les agences gouvernementales, le plafond d’emplois réel à autoriser en 2026 est largement supérieur à celui de 2025.

Une consolidation budgétaire confirmée

La balance entre les prévisions de recettes et de dépenses du budget de l’État dégage un solde prévisionnel déficitaire (dons compris) de 419,157 milliards de FCFA, correspondant à 2,7% du PIB. Cette tendance témoigne de la volonté politique de préserver durablement la soutenabilité budgétaire dans un contexte de renforcement des investissements publics.

Avec ce budget 2026, le Lire + Bénin affirme son ambition de consolider sa trajectoire de croissance économique tout en maintenant la discipline budgétaire et en orientant ses ressources vers les secteurs prioritaires pour le développement national et le bien-être des populations.

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Francis Z. OKOYA

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