Bénin – Agriculture : un budget 2026 de 147 milliards FCFA pour consolider la 1ère performance d’Afrique de l’Ouest

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By VISAGES DU BÉNIN 7 Min Read

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Le ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche (MAEP) sous la houlette de Gaston Cossi Dossouhoui, disposera d’un budget de 147 457 726 457 FCFA pour l’exercice 2026, soit un niveau quasi identique à celui de 2025 qui s’établissait à 147 596 010 816 FCFA. Loin de traduire un simple maintien, cette stabilité budgétaire reflète une stratégie délibérée de consolidation et d’optimisation des acquis enregistrés depuis 2016 sous le leadership du président Patrice Talon.

Ce budget intervient en effet dans un contexte particulièrement favorable où l’agriculture béninoise s’est révélée comme l’une des plus performantes du continent africain sur la période 2016-2024. La 5ème revue biennale des engagements de Malabo, dédiée à la transformation accélérée de l’agriculture en Lire + Afrique, a confirmé cette excellence : le Lire + Bénin occupe la première place en Lire + Afrique de l’Ouest et la cinquième position à l’échelle continentale.

Cette performance remarquable a été obtenue en dépit de chocs externes majeurs qui auraient pu compromettre la dynamique du secteur : la crise russo-ukrainienne et ses répercussions sur les approvisionnements en intrants, l’insécurité persistante au Sahel, la fermeture des frontières avec le Niger qui a bouleversé les circuits commerciaux traditionnels, la forte dépréciation du Naïra nigérian impactant les échanges transfrontaliers, et les effets croissants des changements climatiques sur les cycles de production.

Une stratégie d’investissement ambitieuse : 88 milliards FCFA pour transformer le secteur

Les dépenses d’investissement constituent le pilier central de ce budget avec 60% de l’enveloppe globale, soit 88 200 572 103 FCFA. Cette priorisation témoigne de la volonté de l’État de privilégier les actions à impact structurant plutôt que les dépenses de fonctionnement.

Le financement de ces investissements sera assuré à hauteur de 65% par les ressources internes et 35% par les ressources externes, illustrant une appropriation nationale croissante des politiques agricoles et une réduction progressive de la dépendance à l’aide extérieure.

Programme Agriculture : neuf filières stratégiques pour la souveraineté alimentaire

Le programme agriculture concentre ses ressources sur quatre axes d’intervention majeurs. L’appui à la production et au renforcement de la résilience des exploitations agricoles constitue le premier axe, avec notamment la production, l’importation et la distribution subventionnées de semences à haute productivité, la mise en place de fertilisants conventionnels et biologiques, le déploiement du conseil agricole dédié et le renforcement de l’accès subventionné aux kits et services de mécanisation agricole.

Le deuxième axe porte sur la réalisation d’aménagements hydro-agricoles de périmètres rizicoles et maraîchers, ainsi que des infrastructures de désenclavement pour faciliter l’accès aux zones de production. Le troisième volet concerne la réalisation d’infrastructures marchandes, le développement de services et l’appui aux unités de transformation agroalimentaire, créant ainsi de la valeur ajoutée locale.

Enfin, la facilitation du financement agricole par le Fonds National de Développement Agricole (FNDA) constitue le quatrième pilier, permettant aux producteurs d’accéder aux ressources financières nécessaires à leurs investissements.

Ces actions impacteront directement neuf filières stratégiques : le riz, le maïs, l’anacarde, le maraîchage, l’ananas, le soja, le coton, le palmier à huile et l’arboriculture fruitière. Au-delà de la souveraineté alimentaire, ces investissements visent la création de richesses et d’emplois, particulièrement au profit des jeunes et des femmes.

Programme Élevage : réduire la dépendance aux importations de viande

Face à une demande nationale croissante en protéines animales, l’État a décidé de relever significativement le niveau des investissements dans le sous-secteur de l’élevage. L’objectif est double : renforcer la capacité de production nationale de viandes et réduire la dépendance aux importations qui pèsent sur la balance commerciale.

Les principales actions prévoient la promotion d’un nouveau modèle d’élevage garantissant une meilleure rentabilité aux éleveurs. Ce modèle s’appuie sur la production fourragère, la mise en place de compléments alimentaires et la distribution de semences animales fraîches ainsi que de géniteurs à haute performance en viande.

Cette approche renforce la politique de sédentarisation des troupeaux de ruminants, contribuant ainsi à réduire les conflits liés au pastoralisme. Le programme prévoit également le développement d’infrastructures pour la valorisation des produits d’élevage, l’amélioration de l’accès aux marchés et le renforcement de la santé animale à travers un système de surveillance vétérinaire plus efficace.

Programme Pêche et Aquaculture : un port de pêche de haut standing en perspective

Le troisième volet du budget MAEP concerne le développement de la pêche et de l’aquaculture, deux sous-secteurs à fort potentiel de croissance. Les actions principales portent sur l’appui à la production de poisson avec la mise en place de villages aquacoles intégrés, la distribution d’alevins et d’aliments pour poisson de qualité.

La gestion durable des écosystèmes aquatiques occupe une place centrale avec le développement de réserves biologiques et le strict respect des périodes de repos biologique, garantissant ainsi la régénération des stocks halieutiques.

Le volet infrastructurel est particulièrement ambitieux avec la construction d’un port de pêche de haut standing, de marchés à poisson modernes, d’embarcadères et de débarcadères facilitant les opérations de débarquement et de commercialisation. Ces infrastructures de valorisation permettront d’améliorer la conservation des produits, de réduire les pertes post-capture et d’accroître les revenus des pêcheurs et aquaculteurs.

Cette vision intégrée du développement agricole, qui articule production, transformation et commercialisation sur l’ensemble des filières végétales, animales et halieutiques, positionne le Lire + Bénin sur une trajectoire de croissance durable et inclusive de son secteur primaire.

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Francis Z. OKOYA 

 

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