Nouvelle carte de la Chefferie traditionnelle au Bénin : Les réponses du Gouvernement aux réclamations de Kandi, Pobè, Banikoara, Sahouè, …

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À ce jour, l’Assemblée nationale a enregistré 41 pétitions suite au vote de la loi sur la Chefferie traditionnelle.
Pobè, Savi, Banikoara, Djougou, Sahouè, Toviklin,  Toucountouna, Athiémé, , Dékamè,  Dèdomè, Sahouè, Illikimou, Bantè, Karimama, ont fait des réclamations pour être classées dans l’une ou l’autre des trois (03) catégories reconnues par la Loi.

Le Gouvernement, à travers les réponses du Comité technique ayant travaillé entre 2022 et 2023 sur le sujet, a donné les raisons qui expliquent la non-satisfaction des réclamations des uns et des autres.

Selon les réponses consignées par la Commission des Lois de l’Assemblée nationale, et rapporté par le journal de service public La Nation, on note que « le gouvernement a indiqué qu’il est resté conforme à la réalité historique, rappelant qu’il n’a pas vocation à remettre en cause ou modifier les modes de dévolution du pouvoir en vigueur et admis dans la communauté ».

Savi, Bantè et Kandi

À la réclamation de Savi qui réclame être un royaume, le Gouvernement faot savoir que  « L’historicité du royaume de Sahé et non de Savi n’est pas à démontrer. Toutefois, sur le plan politico-militaire, le royaume de Sahé dut livrer des guerres contre Allada. Sahé tomba également dans la convoitise de Danhomè qui, par des ruses et des stratégies de guerres, vint à bout du royaume. Sahé disparut sous les flammes le 7 février 1727 Le royaume a alors disparu et la loi actuelle en a tenu compte ».

 « Bantè a été pris en compte au titre de chefferie supérieure. C’est une organisation sociale moyennement centralisée », note-t-on dans la réponse relative à la Bantè

Pour ce qui est de la réponse à la demande de Kandi, toujours sur la base des éléments du Comité technique, il est dit : « La demande de la reconnaissance de la royauté de Kandi est irrecevable. Tout récemment, le chef de Kandi a été sommé de quitter Niki parce qu’il s’est présenté à la cour avec un turban blanc comme un roi. Il n’en a pas le statut : il est un guerrier wasangari installé là ; il rendait des comptes au roi de Niki. Par conséquent, le monde baatonnu verrait d’un mauvais œil cette violation flagrante du droit traditionnel et susciterait des revendications en chaîne moins fantaisistes ».

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Toviklin n’a jamais été un royaume

Dans sa pétition, Toviklin réclame aussi le statut de royaume. Le Gouvernement répond Nenni. Sur la base des informations fournies par le Comité technique, il est noté : « Au cours des travaux de terrain réalisés en 2022 et 2023, il est appris que Toviklin est une chefferie dirigée par une reine du nom de Adjignon Guinlitodji Natabou. Elle aurait ses représentants dans tous les villages de Toviklin et dans la plupart des communes du Couffo. Elle succède à son père qui fut un agent de santé reconverti en guérisseur traditionnel. Cependant, l’antériorité historique de cette ‘’chefferie’’ n’a pu être établie ». 

Le cas de Karimama élucidé

Karimama retenue dans la nouvelle loi comme chefferie supérieure réclame être plutôt un royuame. Mais le Comité technique n’a pas validé cette dernière réclamation et s’en explique : « Dans la nomenclature des chefs, il n’y a pas d’émirat. L’émirat est religieux et non politique. Ce sont les princes de Gaya qui sont venus s’installer à Karimama. Ils sont partie prenante de l’organisation nigérienne. On a plusieurs cas ; par exemple : Senru Kpéru, Okuta du Nigéria, … Les populations autour de Karimama ne reconnaissent pas l’autorité de l’Emir parce qu’il est étranger à leur tradition… Il y a dans le territoire des Dendi, des Fulbe, des Gulmaceba, des Tchenga… Cette diversité pose le problème d’une cohésion garante d’une éventuelle unité politique. Chaque groupuscule a son leader auquel il est soumis ».
Pour cette raison, Karimama ne rentre pas dans la catégorie des royaumes, mais plutôt de chefferie supérieure.

Banikoara et Toucountouna dans la danse

Dans sa pétition, Banikoara souligne être un royaume et que son 14e roi aurait même signé un traité avec les Français. Mais pour le Comité et le gouvernement, Banikoara ne saurait être évoqué dans le concert des chefferies traditionnelles. « Banikoara a un statut confus parce que c’est le point de rencontre de plusieurs groupes : Baatombu (stricto sensu), Waaba, Gulmaceba, … Seule la localité de Ounet est nettement marquée Wassangari parce que le roi de Niki y a pris femme et a eu des enfants. La branche dynastique Tosu qui fonda le royaume de Bouè y est fortement implantée… De plus, « il y a d’autres raisons qu’on tait par décence : chaque discipline a aussi une déontologie qu’on respecte. Dans le territoire de Banikoara, il y a Ounet qui est visible. Ounet est rattaché à Bouè et le chef de Ounet participe aux réunions des Tosu de Bouè. Au total, Banikoara est hybride pour les raisons évoquées ci-dessus et ne saurait être évoqué dans le concert des chefferies traditionnelles du Borgou », a répondu l’Exécutif béninois.

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Quant à la chefferie traditionnelle Sanga de Toucountouna, elle se retrouve dans la catégorie des chefferies coutumières. Cette réponse du Comité Technique s’explique pour plusieurs raisons : les chefferies de l’Atacora ouest et de la Donga ont été prises en compte à travers un regroupement suivant des organisations sociolinguistiques en présence. Celles-ci sont pour la plupart dominées par une organisation sociopolitique religieuse (le chef détenant également et surtout le pouvoir religieux).  « La chefferie traditionnelle Sanga de Toucountouna est donc bel et bien prise en compte lorsqu’on évoque la chefferie coutumière des Natemba. Le cas de Toucountouna n’est pas pensable isolément ; on est dans une société acéphale », a fait comprendre le Gouvernement.

Le cas de Pobè et celui des Migan à Porto-Novo

Pobè, une entité religieuse et non politique ! Telle est la réponse du Gouvernement à la revendication de Pobè qui se réclame un royaume.

Selon le travail du Comité technique, en effet, la ville de Pobè a une valeur d’entité religieuse et non politique. Et qu’en raison de leur fonction spécifique, les entités religieuses ne sont pas prises en compte dans ce projet de loi

En réponse à la réclamation des Houézènou à Porto-Novo qui estime être une dysnatie royale, le Gouvernement faisant recours à l’histoire a rappelé : « Migan est désigné premier ministre par Tofa à Hogbonou. Le groupe issu des Migan ne saurait réclamer une autorité royale. Il est au service du roi ».

Odougba, Vossa,  Gbanlin, Djègbé  dans Ouèssè

A Ouèssè, les localités de Odougba, Vossa,  Djègbé   réclament en chœur aussi un statut de chefferie. Mais les réponses du Gouvernement à chacune de seslocalités restent sans équivoque.

La chefferie de Odougba (Ouèssè) n’a jamais été référencée dans une quelconque littérature scientifique et que même les traditions orales à ce jour, ne retracent pas un statut de chefferie à cette localité qui reste un village parmi tant d’autres.

À Vossa, après le règne du premier roi, aucune chefferie n’a pu prospérer à l’installation du colon français.

Le cas de la chefferie traditionnelle de Gbanlin est le même que celui de Vossa et bien d’autres encore. « La date du supposé règne du roi Sossa Katisso 1895-1944 prouve qu’il s’agit d’un récit qui ne peut prospérer. Aucune chefferie n’a pu prospérer à l’installation du colon français. Cette seule référence invalide la requête », a argué le gouvernement.

Djègbé souhaite le titre de chefferie traditionnelle. Or, Ouessè est considéré comme la chefferie des Mahi qui reconnait l’autorité royale de Savalou à qui elle fait allégeance.

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Francis Z. OKOYA

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