Benin – Chefferies traditionnelles : Les réponses aux réclamations des régions Wémè, Agonlin, Xwla

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(Lire aussi celles adressées à Abomey-Calavi, d’Adja-Ouèrè, Aguégués, Akpro-Missérété, Ifangni, Illikimou )

 

Avant et après le vote de la loi N° 2025-09 portant cadre juridique de la chefferie traditionnelle en République du Lire + Bénin, plusieurs localités ont formulé des réclamations dont l’objectif est de les (re)classer dans l’une ou l’autre des trois catégories retenues : 1 les chefferies centralisées (royaumes) ; 2- les chefferies peu centralisées (chefferies supérieures) et 3- les chefferies non centralisées (chefferies coutumières).

Dans une précédente publication, nous avions évoqué les réponses apportées par le Comité Technique et rendues publiques par la Commission des Lois, de l’Administration et des Droits de l’Homme pour les réclamations de Kandi, Pobè, Savi, Banikoara, Toviklin…

Lire aussi : https://visages-du-benin.bj/nouvelle-carte-de-la-chefferie-traditionnelle-au-benin-les-reponses-du-gouvernement-aux-reclamations-de-kandi-pobe-banikoara-sahoue/

Voici ci-dessous les réponses aux réclamations aux régions Wémè, Agonlin, Xwla et celles adressées à  Abomey-Calavi, d’Adja-Ouèrè, Aguégués, Akpro-Missérété, Ifangni, Illikimou

La réalité sur l’historicité des royaumes dans la Vallée de l’Ouémé

Suite à la demande d’intégration du royaume de Wémè-Dangbo sur la liste des royaumes et chefferies traditionnelles du Lire + Bénin, le Comité technique commis par l’Exécutif Béninois pour le travail a apporté la réponse suivante :

« Wémè-Dangbo appartient à la vaste région de la vallée de l’Ouémé dont l’histoire se divise en deux grandes périodes : la période avant le début du 18è siècle et la période après le 18è siècle, 1706 étant considérée comme l’année charnière de la dispersion du peuple wémè. Avant le 18è siècle, Wémè avait un royaume puissant qui a existé avant les autres royaumes d’origine adjatado et a même fourni une partie des populations surtout du plateau d’Agbomè. L’épicentre de décision de ce royaume était Adjohoun. Malheureusement, après la guerre contre le Danhomè en 1708 à Lissèzoun, le royaume est détruit. La suite perdante tente de sauver la situation en essayant de créer une nouvelle entité autour de Dangbo.  Cette entité n’a pas réussi à atteindre l’étape du royaume défunt de Wémè. C’est resté une chefferie supérieure. Après le 18è sicèle, sont nées une multitude petites autres localités qui se réclament aujourd’hui une certaine importance ».

Sur la question de la dynastie royale des sept collectivités des Houèdonou du Lire + Bénin qui a transmis un mémorandum au Comité Technique, ce dernier a apporté des clarifications :  « Il s’agit d’un lignage adja ayant migré. Cependant, un lignage à lui tout seul ne fait pas un royaume. Ils ne sont pas wémènou d’origine, car partis de Tado et ayant fait la migration retour (ouest-est). L’antériorité vers le 17è siècle ne suffit pas pour se déclarer royaume ; un royaume est composé de certains paramètres définis dans le tableau sur les critères. Pire, situés dans la région de l’Ouémé, ils rentrent dans l’environnement historique décrit plus haut ». 

La situation à Abomey-Calavi et chez les Xwla du Lire + Bénin

Face à la protestation contre l’absence du Palais royal d’Abomey-Calavi sur la liste des Palais Royaux du Lire + Bénin, il a été apporté les explications suivantes :  « Agbomè-Kandofi, citée peuplée de Aïzo, est une garnison militaire créée par Agadja à la suite de sa conquête d’Alada en 1724. Aux rebords du plateau, le roi installe ce campement qualifié de détachement d’Agbomè, pour contrôler la région. Cette partie du royaume joue désormais un rôle important dans la sécurité. Les rois du Danhomè ont toujours nommé des représentants pour gérer ce territoire ».

La nouvelle cartographie des chefferies traditionnelles au Lire + Bénin instaurée par la loi N° 2025-09 votée le 13 mars dernier, n’est pas du goût des populations Xwla. Elles l’ont fait savoir à travers un” plaidoyer pour la reconnaissance et le rétablissement institutionnel du Royaume Xwla Djèkin sur la liste légale des royautés”.
Mais il ne peut en être ainsi purique selon les résultats des recherches historiques sur la question, il s’en suit que :

« L’arrivée du colonisateur français a désorganisé la chefferie traditionnelle dans l’espace de l’actuel République du Lire + Bénin. Le Gouvernement a pris en compte toutes les entités politiques traditionnelles existant à la veille de la colonisation (1894 pour le Lire + Bénin méridional et 1897 pour le Lire + Bénin septentrional). Or Djèkin a été détruit par Agadja en 1732. En 1892, Dodds a créé l’unité administrative du Littoral (toute la côte de Kraké à Hillacondji intégrant Calavi) dépendant directement du Gouverneur qui y nomme un administrateur civil. En 1894, il restaure Alada et Kétou. Tout comme Sahé, Djèkin n’a jamais été restauré à la veille de la colonisation ; il n’existait donc plus ».

Lire aussi : https://visages-du-benin.bj/chefferies-traditionnelles-au-benin-voici-la-nouvelle-photographie-des-royaumes-des-chefferies-superieures-et-coutumieres-desormais-reconnus-par-la-loi/

 
Cas du pays Agonlin

Afin d’expliquer  aux députés pourquoi et comment lepays Agolin doit maintenir son palais royal sur la liste reconnue par la loi, les ressortissants de cette région ont demandé un séminaire parlementaire pour améliorer le projet de loi portant cadre juridique de la chefferie traditionnelle en République du Lire + Bénin

Mais une suite favorable ne leur pas été accordée et pour cause : « Le pays Agonlin globalement est une province dépendant du royaume de Danhomè qui y a nommé des représentants (gouverneurs de province) ; il y a créé un camp militaire pour les Agoodjié, une administration et un palais royal. En 1894, l’ayant détaché du Danhomè, le colonisateur y a nommé le 1er chef canton ».

Les cas d’Ifangni, de Pobè, de Bonou, d’Adja-Ouèrè, des Aguégués, d’Akpro-Missérété

Face à la demande de reconnaissance des chefferies d’Ifangni, de Pobè, de Bonou, d’Adja-Ouèrè, des Aguégués, d’Akpro-Missérété d’Illikimou et autres dans le projet de loi relatif à la chefferie traditionnelle du Lire + Bénin, des réponses argumentées ont été apportées !

Adja-Ouèrè est une entité politique traditionnelle moyennement centralisée, reconnue comme telle par le projet de loi.

A Pobè, il s’agit d’une chefferie religieuse et non politique.

Ifangni n’a jamais été cité parmi les royaumes yorubas de l’actuel Lire + Bénin.

Aguégués et Bonou sont à ranger dans l’émiettement des faibles entités wémè déjà évoquées plus haut.

Illikimou n’est pas un royaume

« Àchefferie-traditionnelle au Lire + Bénin – Photos d’illustration la fondation du royaume de Kétou au XIVe siècle par des migrants d’Ilé-Ifè conduits par Itcho-Kpatchan, les localités d’Oké-Oyan, d’Aro, d’Illikimou, d’Iroko-Oyin ont été des escales importantes. Illikimou reste, à ce jour, une étape indispensable dans le processus de couronnement de l’Alakétou (Roi de Kétou). Cela ne fait pas de Illikimou une chefferie centralisée de quelque nature. Illikimou n’est pas un royaume. Il n’est pas non plus une chefferie supérieure » voilà l’explication apportée par le Comité technique à la demande de reconnaissance du royaume d’illikimou.

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Francis Z. OKOYA

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