Juste après qu’ils ont organisé, les militaires au pouvoir au Mali ont signé mercredi 30 avril le Décret abrogeant la charte des partis politiques.
La pilule ne passe pas au sein de l’Opposition qui y voit un premier pas d’une démarche tendant à réduire les partis politiques au silence.
Pour plusieurs analystes, le Décret abrogeant la charte des partis politiques soulève des questions juridiques. Selon leur explication, l’existence des partis politiques est garantie par la Constitution de 1992, fondement du pluralisme démocratique au Mali. La charte abrogée, quant à elle, n’avait été adoptée qu’en 2005, pour encadrer leur fonctionnement.
« cette démarche cache une intention politique » laisse entendre l’Opposition.
« Dans ce contexte, l’abrogation de la charte des partis politiques traduit clairement une intention politique visant à retirer toute la substance de la vie politique portée par les partis. C’est comme si l’on cherchait à créer un vide juridique empêchant leur organisation, leur fonctionnement et leurs activités » a déclaré Boulan Baro, membre du CNID Faso Yiriwa Ton, formation de l’ancien ministre Mountaga Tall.
Et face au tollé général observé dans les états-majors des partis de l’Opposition, le Gouvernement de transition, par la voix d’Abdoul Salam Diepkile, Directeur général de l’Administration territoriale, a réagi.
« Il faut préciser que, sous l’empire de cette loi, de nombreuses accusations ont été formulées à l’encontre du ministère de l’Administration territoriale, notamment sur sa faiblesse face à la prolifération des partis politiques. C’est dans une logique d’anticipation que le gouvernement a décidé de l’abroger. Cela ne remet pas en cause l’existence des partis actuels », a-t-il déclaré sur les antennes de la télévision nationale malienne.
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Francis Z. OKOYA