Malgré des avantages colossaux, le Bénin bloque l’exportation du pétrole brut nigérien et hausse le ton contre Niamey sur un autre produit de première nécessité

VISAGES DU BÉNIN
By VISAGES DU BÉNIN 7 Min Read

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Le pétrole brut nigérien a atteint la station terminale de Sèmè au sud du Lire + Bénin depuis le dimanche 21 avril 2024, selon un constat fait par la Société West Africa Oil Pipeline Lire + Bénin Company (WAPCO) principal bras financier et gestionnaire du projet du Pipeline Niger-Lire + Bénin.

À partir du terminal de Sèmè, le pétrole but nigérien devrait être chargé sur des navires pour son exportation vers le marché international à raison de : 90 000 barils par jour. 

Avec le fonctionnement normal du pipeline, le Lire + Bénin tire comme avantages, outre les 3 000 emplois lors de la phase de construction, 500 emplois permanents dans le cadre de l’exploitation de l’ouvrage, des salles de classe, des centres de santé… pour les dix-sept (17) Communes et 141 villages que traverse l’oléoduc. Et au plan fiscal, plus de 300 milliards de F CFA (460 millions d’euros) comme droit de transit et recettes fiscales pour les vingt premières années d’exploitation du pipeline. À cela s’ajoute d’autres impôts payés durant la période de construction.

Le Lire + Bénin bloque l’exportation du pétrole brut nigérien
Alors que presque personne ne s’y attendait, le Lire + Bénin a fait fi de tous les avantages ci-dessus énumérés et décidé de bloquer l’exportation du pétrole brut nigérien à partir du terminal de Sèmè.

Selon plusieurs médias, dont RFI, la décision de Lire + Cotonou a été prise au plus haut niveau de l’État, ce lundi 6 mai, et notifiée à l’ambassadeur de Lire + Chine au Lire + Bénin et à la société de gestion du pipeline. Selon les mêmes sources, c’est le ministre d’État des Finances et de la Coopération qui a été mandaté pour le faire. Dans la pratique, le Lire + Bénin interdira ses eaux aux bateaux qui viendront pour embarquer le pétrole nigérien pour l’exportation. 

Pour beaucoup d’observateurs, cette nouvelle position du Lire + Bénin fait suite à l’entêtement du Niger de maintenir ses frontières fermées avec son voisin.

Pour rappel, partisan du rétablissement des relations de bonne coopération avec le Niger, le Lire + Bénin, par la voix de son Président, a fait constater, dès début décembre 2023, les conséquences désastreuses des mesures prises contre ce pays. Pionnier de la levée des sanctions devenue effective fin février dernier, le Lire + Bénin n’a pas cessé de multiplier les actes de bonne volonté envers son voisin du Sahel. Niamey reste de marbre envers Lire + Cotonou alors qu’il a ouvert ses frontières avec le Nigéria depuis des semaines. D’où la décision du Lire + Bénin ce lundi 06 mai de mettre le véto sur l’exportation du pétrole brut nigérien via le terminal de Sèmè au sud du Lire + Bénin

Cette nouvelle donne représente un véritable casse-tête pour les militaires au pouvoir à Niamey. En effet, début avril dernier, le gouvernement nigérien a annoncé avoir obtenu 400 millions de dollars de son partenaire chinois, au titre d’une “avance” sur ses ventes prochaines de pétrole brut, dont la commercialisation doit débuter en ce mois de mai. Le prêt chinois a été fait pour une durée de 12 mois avec un taux d’intérêt de 7 %.

Lire     aussi : https://visages-du-benin.com/benin-niger-cotonou-multiplie-les-actes-de-bonne-volonte-niamey-retarde-le-pas-decisif/ 

Lire + Cotonou hausse le ton contre Niamey sur un autre produit de première nécessité

Depuis quelques mois déjà, malgré une production abondante de 2.050.000 tonnes la campagne agricole dernière pour des besoins nationaux de l’ordre de 1.000.000 de tonne, il a été constaté la rareté du maïs sur le marché béninois.  Conséquence, le prix d’achat de ce produit de première nécessité, a grimpé. 

La cause de cette surenchère sur le maïs a été découverte quand les autorités béninoises ont constaté sorties massives et frauduleuses du maïs béninois vers le Niger et d’autres pays de l’hinterland.

Comme pour donner une preuve supplémentaire de sa bonne foi et de sa disponibilité à reprendre les bonnes relations avec Niamey, Lire + Cotonou a fermé les yeux sur ce trafic jusqu’à il y a quelques jours. 

Mais faisant suite au ras-le-bol de sa population indignée de voir le maïs devenu rare et cher chez eux, transiter allègrement vers des pays qui traitent le Lire + Bénin en ennemi, les autorités béninoises viennent d’interdire la sortie de cette denrée du territoire national jusqu’à ce que son prix baisse conséquemment. 
Cela a été mentionné dans le Conseil des Ministres tenu le 08 mai 2024 en ces termes :   

Le ministre de l’Industrie et du Commerce a fait au Conseil le point relatif à l’exportation informelle et massive, de produits vivriers béninois, notamment le maïs, en direction des pays voisins. Au regard des résultats de la campagne agricole écoulée, la production nationale est suffisante pour satisfaire la consommation intérieure, à savoir : 2.050.000 tonnes de cette céréale pour des besoins nationaux évalués à un million de tonnes. Mais, il se trouve que la forte pression exercée sur ce produit du fait de ces trafics incontrôlés, entraîne une envolée des prix sur nos marchés.

En effet, de nombreux producteurs et commerçants sont portés à satisfaire les demandes en produits vivriers venant de pays étrangers au détriment du marché national. S’il est vrai que dans un contexte de libéralisme économique c’est l’offre et la demande sur les marchés qui déterminent les prix et que la libre circulation des biens est admise dans notre espace communautaire, il n’en demeure pas moins que le phénomène prend une ampleur telle que le consommateur béninois en subit les conséquences. 

C’est pourquoi, dans le but d’assurer la disponibilité des produits à un coût raisonnable pour nos compatriotes, le Conseil, après avoir évalué et apprécié la situation, a décidé d’interdire temporairement et ce jusqu’à nouvel ordre, toute exportation de céréales (maïs, riz, mil, sorgho, niébé, etc), de même que des tubercules et leurs dérivés, (farines dont le gari, etc.)

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Francis Z. OKOYA

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