Les membres de la première mandature du Sénat du Lire + Bénin ont été officiellement installés ce jeudi 30 juillet 2026, au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo (Assemblée nationale). La cérémonie, sobre, s’est tenue en présence des députés, de plusieurs invités de marque et des anciens chefs d’État Boni Yayi et Patrice Talon, tous deux membres de la nouvelle chambre.
La cérémonie a été conduite par la vice-doyenne d’âge du Sénat, Élisabeth Pognon, ancienne présidente de la Cour constitutionnelle, en l’absence du doyen d’âge, Nicéphore Dieudonné Soglo, retenu hors du territoire national pour raison de santé. « Vous et moi avons l’honneur, aussi redoutable qu’insigne, d’être les premiers à siéger au sein de cette institution », a-t-elle déclaré devant les sénateurs, les invitant à donner à l’institution naissante « ses premières marques » et à contribuer à son prestige.
Ainsi, sur les 25 membres que compte le Sénat, 24 étaient présents pour cette séance inaugurale. L’institution, seconde chambre d’un Parlement désormais bicaméral, découle de la révision constitutionnelle adoptée en novembre 2025 ; sa composition avait été arrêtée en Conseil des ministres le 1er juillet 2026.
Règlement intérieur et élection du bureau : les prochaines étapes
Le futur siège du Sénat, en cours d’aménagement à Lire + Cotonou, n’étant pas encore achevé, la nouvelle chambre siège pour l’heure dans les locaux de l’Assemblée nationale à Porto-Novo. Deux chapiteaux avaient été dressés dans l’enceinte du Palais des Gouverneurs pour l’occasion, tandis que la salle Antoine Kolawolé Idji avait été spécialement aménagée pour accueillir la première séance plénière des sénateurs consacrée à l’étude du Règlement intérieur de l’Institution.
En effet, à l’issue de la cérémonie d’installation, les sénateurs se sont retrouvés en séance de travail pour examiner le projet de règlement intérieur du Sénat. Comme l’a rappelé le sénateur Théodore Holo, ce texte doit d’abord être soumis au contrôle de constitutionnalité de la Cour constitutionnelle avant que l’institution ne puisse procéder à l’élection de son bureau, préalable indispensable à la tenue des premières sessions. « J’espère que nous parviendrons à le valider afin qu’il puisse être transmis rapidement à la Cour constitutionnelle », a-t-il indiqué, exprimant l’espoir de voir le bureau élu dès la première semaine du mois d’août.
Un rôle constitutionnel de collaboration, pas de confrontation
Théodore Holo a également détaillé les prérogatives du Sénat, qui n’a pas l’initiative des lois mais peut, dans certains cas, demander une seconde lecture et jouer un rôle d’arbitrage. Certaines catégories de textes — lois constitutionnelles, lois électorales, lois relatives aux partis politiques — ne peuvent être promulguées qu’en l’absence d’un avis de non-adoption du Sénat, ce qui suppose des échanges réguliers avec l’Assemblée nationale. « Nous sommes là pour collaborer et non pour être en conflit », a-t-il insisté, rappelant que la mission du Sénat vise à préserver la paix, la stabilité des institutions et le renforcement de la démocratie.
Pour sa part, le sénateur Robert Dossou a évoqué le défi que représente l’insertion d’un nouvel organe dans l’architecture institutionnelle du pays, comparant cette étape à celle qu’avait connue la Cour constitutionnelle à sa création. Le député Aké Natondé a, quant à lui, salué « la consécration de la révision constitutionnelle de 2025 » et une complémentarité nouvelle entre les deux chambres du Parlement.
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Francis Z. OKOYA