Fiscalisation numérique au Sénégal : TikTok, Instagram, Facebook, YouTube… Les influenceurs dans le viseur du fisc

VISAGES DU BÉNIN
By VISAGES DU BÉNIN 3 Min Read

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Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a récemment mis sur la table un sujet qui fait grand bruit : l’imposition des créateurs de contenus numériques. Cette mesure, inscrite dans le vaste programme de redressement économique et social baptisé Jubanti Koom, vise à élargir l’assiette fiscale nationale en tenant compte de l’essor du secteur digital.

Cette annonce a aussitôt suscité un débat animé au sein de la communauté numérique sénégalaise, divisant partisans et sceptiques. Parmi les voix qui se sont élevées, celle de Mame Balla Mbow, entrepreneur et militant engagé, a particulièrement retenu l’attention. S’exprimant dans une interview accordée à Seneweb, il a salué l’initiative gouvernementale tout en appelant à la prudence.

« Tout citoyen, qu’il soit mécanicien, maçon ou influenceur, a le devoir de contribuer au financement des politiques publiques via l’impôt. C’est un pilier fondamental de toute société organisée », a-t-il affirmé.

Une réforme fiscale plus large et ciblée

Cependant, Mame Balla Mbow plaide pour une mise en œuvre progressive, adaptée aux réalités économiques des influenceurs locaux. Selon lui, l’État doit d’abord œuvrer à rendre viable la monétisation de leurs activités. Il cite notamment des plateformes telles que TikTok, Instagram ou Facebook, qui, selon lui, devraient être tenues de rémunérer les contenus générant un fort taux d’engagement.

« De nombreux jeunes suivis par des centaines de milliers d’abonnés ne tirent aucun revenu réel de leurs activités. Avant de les taxer, il faut leur garantir un écosystème numérique profitable », insiste-t-il.

Au-delà des créateurs de contenu, cette réforme s’inscrit dans une stratégie plus globale de mobilisation des ressources internes. Le gouvernement ambitionne de mieux encadrer la fiscalité des secteurs émergents souvent sous-exploités fiscalement. Sont également visés les jeux d’argent (physiques et en ligne), la publicité digitale, les services numériques étrangers (Netflix, Amazon Prime, etc.), le commerce électronique ainsi que les revenus issus des plateformes sociales.

L’enjeu est de taille : selon les projections officielles, ces nouveaux leviers pourraient rapporter jusqu’à 16 milliards de francs CFA aux caisses de l’État.

Un virage fiscal vers l’économie numérique

En s’attaquant aux zones grises du numérique, Ousmane Sonko affiche une volonté claire : adapter le système fiscal sénégalais aux mutations économiques du XXIe siècle. Pour certains, il s’agit d’un pas décisif vers la modernisation de l’administration fiscale ; pour d’autres, d’une démarche précipitée qui risque d’étrangler une jeunesse déjà confrontée à des défis économiques majeurs.

Quoi qu’il en soit, la fiscalisation des influenceurs est désormais un sujet incontournable dans le débat public sénégalais, à la croisée des enjeux économiques, technologiques et générationnels.

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Faikot IGUE (Collaboration)

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