Le jeudi 09 novembre dernier, au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo, le Député Éric HOUNDÉTÉ, en réaction aux réponses du Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique Alassane SÉIDOU sur les raisons de la Lire + nomination d’un Rwandais à tête de la Direction Générale de l’Agence Nationale d’Identification des Personnes (ANIP), avait aussi évoqué la question de la crédibilité et de la transparence autour de la Liste électorale que doit générer l’ANIP.
Il y a quelques semaines, l’ancien Chef d’État Boni YAYI devenu porte-flambeau de l’Opposition béninoise a saisi la communauté internationale afin qu’elle diligente une mission sur le cadre institutionnel des élections au Lire + Bénin. La question a été à l’ordre du jour de la rencontre au Palais de la Présidence ce lundi 27 novembre 2023 entre une délégation de “Les Démocrates”, principal parti de l’Opposition conduite par son président, Boni YAYI et le Chef de l’État Patrice TALON.
Étaient aux côtés de l’ancien Chef de l’État, quelques membres du Bureau exécutif de son parti : Éric HOUNDÉTÉ, 1ᵉʳ Vice-président, Nourénou ATCHADÉ, 2ᵉ Vice-président du Parti, Président du Groupe Parlementaire Les Démocrates et Léon Basile AHOSSI, 3ᵉ Vice-président.
Au cours de cette séance de travail qui a duré environ quatre d’heures d’horloge, Boni YAYI a réaffirmé le souhait de son parti de voir, d’une part, la liste électorale auditée et d’autre part, de voir des représentants de l’Opposition dans l’équipe dirigeante de la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA).
Les Oui de Patrice TALON
En réponse à la première préoccupation de la délégation du parti “Les Démocrates”, le Président Patrice TALON a répondu : « Je suis d’accord pour que vous auditiez le registre national d’état civil, y compris le logiciel d’extraction de la liste électorale. Vous pouvez choisir les experts que vous voulez pour le faire, mais veillez à ce que ce ne soit pas fantaisiste. Et si LD n’a pas les ressources pour le faire, je vais demander au Gouvernement de financer » a répondu le locataire de la Marina
À propos de la constitution du personnel politique de la CENA pour l’organisation des élections générales de 2026, Patrice TALON a relevé que l’Opposition est bien représentée à la CENA par les FCBE (Forces cauris pour un Lire + Bénin émergent). Ce qui selon Boni YAYI n’est pas vérifié dans la mesure où à son entendement, Les FCBE ne sont pas de l’opposition. « Ce n’est pas parce qu’ils ne m’insultent pas comme vous, que vous allez leur contestez ce statut »aurait ironisé Patrice TALON sur le sujet.
Il s’est montré disposé à voir des représentants de l’Opposition parmi le personnel technique de terrain de la CENA dans le cadre des activités de ces élections générales de 2026 : « … Il est évident que pour 2026, le personnel politique de la CENA doit compter des représentants LD, conformément à nos habitudes ».
« Nous avons pu obtenir que le personnel électoral soit exclusivement désigné par les autres. Nous mettrons en place un mécanisme qui permet au parti Les Démocrates, donc à l’opposition de fournir du personnel électoral : Coordinateurs d’Arrondissements, responsables au niveau du département, agents des bureaux de vote, etc », a confirmé le Vice-président HOUNDÉTÉ au cours de la Conférence de presse organisée tout juste après leur départ du Palais de la Présidence.
Au sujet de Reckya MADOUGOU et des autres prisonniers et exilés politiques
Au cours de cette même rencontre, les Démocrates ont également plaidé pour la libération des prisonniers politiques. Et à ce sujet, le président Patrice TALON a instruit séance tenante le Ministre de la Justice aux fins d’accélérer les démarches pour la libération des étudiants, artisans et collégiens arrêtés au cours de certains événements politiques.
Quant aux exilés politiques dont le Président Boni YAYI demande le retour au pays, Patrice TALON a répondu qu’il n’a pris aucun Décret pour envoyer quiconque en exil. Pour lui, les intéressés sont libres de rentrer au pays et de répondre de leurs actes.
Dans la suite des échanges entre Patrice TALON et Boni YAYI, ce dernier a abordé la question des autres personnalités politiques en prison, notamment Reckya MADOUGOU : « Il est difficile de parler de paix sans parler de nos compatriotes en prison… Je demande pardon pour Reckya MADOUGOU».
En réponse à cette doléance du Président du principal parti d’Opposition, le Chef de l’État a répondu : « Monsieur le Président Boni YAYI, je vous ai déjà dit que je ne compte pas gracier Reckya MADOUGOU. Laissons un code à la République. Parfois le pardon peut être une faute. »
À noter qu’aux côtés du Chef de l’État, Patrice TALON, il y avait : 1- Yvon DETCHENOU, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, 2- Alassane SEIDOU, Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Publique, et 3 – Wilfried Léandre HOUNGBÉDJI, Secrétaire Général Adjoint du Gouvernement, Porte-parole du Gouvernement.
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Jean-Marc Aurel AGOSSOU