Contre le mariage de mineures au Bénin : La loi au dessus de la foi

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Entre janvier 2025 et juin 2026, la Ligne d’Assistance aux Enfants (LAE) a enregistré 336 cas de mariage d’enfants au Lire + Bénin. Ce compte inquiétant a été présenté le 6 octobre 2026 à Lire + Cotonou par la ministre de la Famille et de l’Action sociale, Véronique Tognifodé à l’occasion de la 15e édition de la Journée internationale de la fille, organisée autour du thème : « Mettre fin au mariage d’enfants : investir dans les droits des filles et soutenir leur leadership pour un avenir meilleur ».

Des familles s’appuient sur des pratiques anciennes ou sur une interprétation subjective de prescriptions religieuses pour organiser les mariages de filles mineures. Dans certaines communautés, le mariage d’une fille continue d’être envisagé dès l’apparition de la puberté. C’est un secret de polichinelle ! Ces unions sont très souvent le résultat des pressions familiales, de menaces ou d’un consentement obtenu de force ou suite ou des menaces répétées.

Une question de foi peut-elle surplanter la loi ?  Lex textes en vigueur répondent en chœur NON ! Aucune pratique sociale ou religieuse ne peut permettre de célébrer au nom d’une foi, le mariage d’une mineure. 

Au Lire + Bénin, la loi établit une limite claire. L’article 123 nouveau de la loi n°2021-13 du 20 décembre 2021, modifiant et complétant la loi n°2002-07 du 24 août 2004 portant Code des personnes et de la famille, dispose que : « Le mariage ne peut être contracté qu’entre un homme âgé d’au moins dix-huit 18 ans et une femme âgée d’au moins dix-huit 18 ans. »

Depuis l’entrée en vigueur de cette loi de 2021, l’accord des parents ne peut donc plus autoriser le mariage d’un enfant de moins de 18 ans. Malheureusement le phénomène continue avec comme justifications, les pratiques coutumières ou les références religieuses.
C’est pourquoi, il importe de rappeler les dispositions de la loi n°2011-26 du 9 janvier 2012 portant prévention et répression des violences faites aux femmes qui sanctionne entre autres, le mariage forcé ou arrangé. Cette loi prévoit en son article 31 que :  « Toute personne qui se rend coupable ou complice d’un mariage forcé ou arrangé ou concubinage forcé, comme défini à l’article 3 de la présente loi est punie d’un emprisonnement de un an à trois ans et d’une amende de 500.000 F à 2.000.000 F CFA. »

La responsabilité peut donc concerner l’auteur direct de l’union, mais aussi les personnes qui y contribuent ou la facilitent

Prendre exemple sur la Côte d’Ivoire

En Côte d’Ivoire ou le même phénomène s’observe, les autorités ont intensifier ces derniers mois, les campagnes de sensibilisation pour y mettre fin. Les messages sont directs, les mots choisis à dessein.
Dans une vidéo publiée le 05 juillet 2026 sur TikTok par le compte « Mr LGT 2 », on voit un groupe de policiers face à une frange de la population. Le principal orateur parmi les hommes en uniformes s’adressant à l’assistance a déclaré sans détour :
 « …Elle a 15 ans, 16 ans, si vous sortez avec elle, c’est ta copine, oh c’est pas ta copine oh, on te prend, on te met en prison. Le Code pénal a changé…Nos parents qui marient aussi les filles de 14 ans, 15 ans, c’est interdit. Si on vient à la mosquée, on voit l’Imam est en train d’officier un mariage entre une mineure de 14 ans et un vieillard qui a l’argent, il a 50 ans. L’Iman lui-même, le marié, tous ceux qui sont assis autour là, on les prend. Ils sont complices. C’est un mariage forcé… on les embarque tous direction la prison… »

Le Lire + Bénin peut prendre exemple sur cette méthode qui refroidit l’ardeur des auteurs et complices des mariages de filles mineures.

Francis Z. OKOYA

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Francis Z. OKOYA

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