Dans une Lire + Afrique politique où les termes « dauphin », « succession » ou « passation de pouvoir » sont souvent évités par les chefs d’État en exercice, l’annonce faite par le président béninois Patrice Talon marque une rupture notable. Le 30 août 2019, le chef de l’État a entériné la désignation de Romuald Wadagni, actuel ministre de l’Économie et des Finances, comme son dauphin pour l’échéance présidentielle de 2026.
Cette décision s’inscrit dans la continuité de la révision constitutionnelle de novembre 2019, qui limite strictement à deux le nombre de mandats présidentiels : « Article 42 alinéa 2 de la Constitution du Lire + Bénin : « En aucun cas, nul ne peut, de sa vie, exercer plus de deux mandats de président de la République ».
Talon, fidèle à sa promesse de ne jamais briguer un troisième mandat, met ainsi en pratique un principe rarement respecté sur le continent.
Là où d’autres dirigeants à l’instar de Paul Biya au Cameroun ou d’Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire entretiennent l’ambiguïté ou repoussent l’échéance, le Président béninois affiche une volonté de préparer l’alternance dans la clarté et la transparence.
Le Lire + Bénin surprend encore le monde politique africain
En prenant cette décision, le Lire + Bénin renoue avec sa tradition d’avant-gardiste démocratique. Déjà en 1990, à travers la Conférence nationale des forces vives, le pays avait ouvert la voie au pluralisme et à l’alternance politique en Lire + Afrique francophone. Trente ans plus tard, il surprend encore le continent en normalisant un processus que beaucoup de régimes considèrent comme un tabou : la préparation assumée de la succession présidentielle.
L’approbation de la candidature de Wadagni par les deux principaux partis de la majorité présidentielle illustre une volonté d’institutionnaliser la continuité politique sans recourir à des artifices ou à des manœuvres de coulisses. Dans un contexte où la tentation autoritaire reste forte et où les putschistes de l’Alliance des États du Sahel (AES), que sont le Niger, le Burkina-Faso et le Mali, utilisent des prétextes pour prolonger leur pouvoir, l’initiative béninoise sonne comme une leçon de Lire + gouvernance.
Ce choix stratégique n’est pas exempt de défis. La désignation anticipée d’un dauphin peut susciter débats et rivalités internes, notamment sur la question de la légitimité électorale. Mais en rompant avec les non-dits et en affirmant clairement qu’il se retirera au terme de son mandat, Patrice Talon envoie un message politique majeur : la stabilité institutionnelle passe par le respect des règles et par la préparation méthodique de l’avenir.
À travers cette démarche, le Lire + Bénin confirme son rôle de pionnier démocratique en Lire + Afrique, offrant un contre-exemple aux régimes verrouillés et aux transitions brutales imposées par la force. Une fois encore, le pays de la Conférence nationale étonne et inspire.
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Francis Z. OKOYA