La modification du Code électoral intervenu le mardi 5 mars dernier à l’Assemblée nationale renforce à plus d’un titre le système partisan avec la consolidation des partis d’envergure nationale.
Et pour cause, une lecture croisée des dispositions de l’article 132 du Code électoral modifié et des chiffres actuels des partis UP- le Renouveau, Bloc Républicain et les Démocrates, démontre à souhait que ces partis se voient renforcés pour maintenir le cap de leur assise nationale.
Pour rappel, l’article 132 nouveau du Code électoral fait savoir que nul ne peut être candidat aux fonctions de président de la République ou de Vice-président de la République s’il n’est dûment parrainé par un nombre de députés et/ou de maires correspondant à au moins 15 % de l’ensemble des députés et des maires et provenant d’au moins 3/5 des circonscriptions électorales législatives.
Un petit calcul montre bien que les 15 % exigé correspond, en l’état actuel de la 9ᵉ Législature, à 28 députés, nombre d’élus dont disposent tous les trois partis représentés qui y sont représentés.
De plus, en jetant un coup d’œil dans le rétroviseur, on rend compte que dès le soir du 08 janvier 2023 date des dernières élections législatives les tableaux des résultats montraient que Les Démocrates tous comme l’UP le renouveau et le BR, ont tiré leur épingle du jeu dans les 3/5 des circonscriptions électorales législatives.
Du tableau ainsi présenté, une conclusion se dégage : À moins que ses responsables en décident autrement, le Parti les Démocrates tous comme les deux autres partis de la 9ᵉ Législature et, contrairement à ce que certains ont voulu faire croire, présentera un duo de candidats pour la présidentielle de 2026.
Les LD disposent du nombre requis de députés pour son parrainage. Mieux, ils peuvent le faire avec un ou d’autres partis de l’opposition comme les FCBE s’ils établissent, avant le dépôt des candidatures à l’élection présidentielle et enregistré à la CENA, un accord de gouvernance avec ces derniers.
Quid de la transhumance politique
Le nouveau Code électoral a le grand avantage de protéger les partis contre la transhumance et le chantage politiques.
En effet, une autre disposition du nouveau Code électoral, stipule qu’un député ou Maire ne peut parrainer qu’un candidat membre et issu du parti sur la liste duquel il a été élu. Le même article ajoute que toutefois, en cas d’accord de gouvernance conclu avant le dépôt des candidatures à l’élection présidentielle et enregistré à la CENA, le député et le Maire peuvent parrainer un candidat membre de l’un des partis signataires de l’accord de gouvernance.
Ainsi, le nouveau Code contraint les élus du parti Les Démocrates ainsi que ceux de tous les partis politiques à une discipline de groupe. Ils ont désormais l’obligation de respecter le choix des électeurs dont ils ont bénéficié de la confiance. Finis la transhumance et le chantage observés à la veille de chaque scrutin puisqu’un élu ne peut pas servir la cause d’un parti adverse pour des raisons inavouables.
Et si cette disposition lie les élus à leur parti, elle limite, freine, voire annihile les élans des spécialistes de débauchage politique; un mind-set, un assainissement public de l’espace politique béninois qui ne dit pas son nom.
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Francis Z. OKOYA