Bénin : Les points clés du nouveau Code de la route

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« Aucun prix de l’auto-école n’a été fixé dans le code. Au contraire, … » Ministre Georges Alé

L’Assemblée nationale a adopté, lundi 26 octobre 2026 au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo, la loi n° 2026-18 portant Code de la route en République du Lire + Bénin. Ce nouveau cadre juridique vient remplacer l’arrêté général de 1956, devenu inadapté à l’évolution de la circulation, des infrastructures et des moyens de déplacement.

Composé de six titres et de 122 articles, le texte entend renforcer la sécurité des usagers et apporter des réponses plus adaptées aux réalités actuelles du trafic routier.

Une rupture avec le cadre de 1956

L’adoption de ce Code marque la fin d’un dispositif juridique qui encadrait la circulation au Lire + Bénin depuis environ soixante-dix ans. Le nouveau texte vise à regrouper et à moderniser les règles relatives aux conducteurs, aux véhicules, aux infrastructures et à l’utilisation de la voie publique.

Cette réforme intervient dans un contexte marqué par la persistance des accidents de la circulation. Selon les chiffres présentés lors de la restitution du texte, les routes béninoises enregistreraient environ 3 200 décès chaque année, soit une moyenne de près de neuf morts par jour.

Pour les autorités, l’objectif est de faire du Code de la route un instrument de prévention, de responsabilisation et de protection de la vie humaine.

Les piétons et les cyclistes prioritaires

L’une des innovations majeures concerne la place accordée aux usagers vulnérables, notamment les piétons et les cyclistes.

Le nouveau Code prévoit une meilleure intégration des trottoirs, des pistes cyclables et des passages pour piétons dans les infrastructures routières. Les prescriptions relatives à ces aménagements devront être prises en compte dès la conception et la construction des nouvelles routes.

Le texte entend également mettre fin à l’occupation anarchique des espaces réservés aux piétons. Les trottoirs et autres voies aménagées pour les usagers non motorisés ne devraient plus être utilisés comme espaces de commerce ou de stationnement.

Cette disposition vise à améliorer la mobilité des piétons et à réduire leur exposition aux risques d’accident.

Le permis à points fait son entrée

Le Code introduit également le système du permis à points. Ce mécanisme doit permettre de mieux responsabiliser les conducteurs et de sanctionner les infractions répétées.

Le principe consiste à retirer progressivement des points en fonction de la gravité des manquements commis. Les modalités pratiques de fonctionnement du dispositif devront être précisées par les textes d’application.

À travers cette innovation, les autorités souhaitent privilégier un suivi plus individualisé du comportement des conducteurs, au-delà de la seule sanction financière.

L’assurance obligatoire pour les motocyclettes

Le nouveau dispositif renforce les obligations pesant sur les propriétaires et conducteurs de motocyclettes. L’assurance devient obligatoire pour les motos, avec pour objectif d’améliorer la prise en charge des victimes en cas d’accident.

Cette mesure concerne particulièrement un pays où les motocyclettes occupent une place importante dans les déplacements quotidiens et dans le transport de personnes et de marchandises.

L’obligation d’assurance devrait permettre de mieux couvrir les dommages causés aux victimes, sous réserve du contrôle effectif de la souscription et de la validité des contrats.

Casque, ceinture et dispositifs de retenue

La ceinture de sécurité est également imposée aux occupants des places avant et arrière des véhicules concernés. Le Code prévoit par ailleurs une meilleure protection des enfants à travers l’utilisation de dispositifs de retenue adaptés.

Ces dispositions placent la prévention des traumatismes au cœur de la réforme et rappellent que la sécurité routière concerne tous les occupants d’un véhicule, et non uniquement le conducteur.

Alcool, stupéfiants et excès de vitesse davantage encadrés

Le nouveau Code prévoit une répression plus ferme de la conduite sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants. Il prend également en compte les comportements liés aux grands excès de vitesse.

Un seuil légal d’alcoolémie est prévu, afin de donner un cadre plus précis aux contrôles et aux sanctions. La conduite sous l’influence de produits stupéfiants fait aussi l’objet de dispositions spécifiques.

Le texte renforcé en outre les réponses contre certains comportements dangereux, notamment le délit de fuite et le refus d’obtempérer.

L’éducation routière dès l’école

La réforme ne repose pas uniquement sur la répression. Elle prévoit aussi de développer l’éducation à la sécurité routière dès l’école primaire, avec une poursuite au secondaire.

Les auto-écoles devraient être associées à cette démarche à travers des interventions en milieu scolaire. L’objectif est de familiariser les enfants avec les règles de circulation et de construire, dès le plus jeune âge, une culture de prudence et de responsabilité.

Au cours de la conférence coanimée Juste après le vote par le président de la commission des lois, Orden Alladatin et le directeur général du Centre national de sécurité routière, Ariel Sacramento, le ministre du Cadre de vie et des Transports, Georges Alé, a assuré qu’aucun tarif d’auto-école n’était fixé par le Code. Selon lui, l’ambition est de rendre l’apprentissage de la conduite plus accessible : « Aucun prix de l’auto-école n’a été fixé dans le code. Au contraire, nous voulons rendre l’apprentissage plus simple et plus démocratique » a fait savoir le Ministre Alé

L’application, le véritable défi

L’adoption du Code par l’Assemblée nationale ne signifie pas que toutes ses dispositions soient immédiatement applicables. Le texte doit encore franchir les étapes institutionnelles nécessaires, notamment sa promulgation. Des décrets et arrêtés d’application devront ensuite préciser plusieurs modalités pratiques. A ce sujet, le ministre Georges Alé a indiqué que les textes d’application étaient déjà préparés et pourraient être soumis au Conseil des ministres ou faire l’objet d’arrêtés ministériels.

Le nouveau Code de la route apporte des innovations importantes, mais son efficacité dépendra de son appropriation par les usagers et de son application uniforme.

La sensibilisation des conducteurs, la formation des agents de contrôle, la disponibilité des équipements de sécurité, l’aménagement des routes et la lutte contre l’occupation des trottoirs seront déterminants.

Le succès de la réforme reposera ainsi sur un équilibre entre la sanction des comportements dangereux, l’éducation des usagers et l’amélioration des infrastructures.

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Francis Z. OKOYA

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