La Capitale du Lire + Bénin s’est parée de ses plus beaux atouts ce vendredi 03 avril 2026 pour accueillir le duo de l’espoir et de la continuité. Dans une atmosphère de grande solennité, Porto-Novo a réaffirmé son statut de ville carrefour, où la sagesse des aînés a rencontré l’énergie de la jeunesse.
En de pareilles circonstances, qui mieux que la figure titulaire et légitime de Porto-Novo le Patriarche Karim Elisio Urbain da SILVA pour rassurer devant plus 15.000 âmes rassemblées au stade Charles de Gaulle, le candidat Romuald WADAGNI de sa victoire au soir du 12 avril et l’accompagner de prières et bénédiction ?
Le Patriarche centenaire a donc pris la parole au nom de Porto-Novo. Un moment solennel, chargé d’histoire et de symboles.
Porto-Novo n’organise pas un meeting comme les autres villes. La Capitale du Lire + Bénin a ses codes, ses hiérarchies, ses gardiens. Ce vendredi, elle a choisi de les honorer tous. Le stade Charles de Gaulle, archi-comble, bruissait d’une ferveur mêlée de gravité. Des jeunes, des femmes, des anciens, des notables, la ville aux trois noms s’était mobilisée comme rarement.
Et quand il a fallu désigner celui qui parlerait en son nom, le choix s’est imposé de lui-même : le Patriarche Karim Elisio Urbain da Silva, figure tutélaire incontestée de Porto-Novo.
Un homme qui, dans quelques mois, au début du mois de novembre 2026, soufflera ses cent bougies. Un siècle de vie. Un siècle au service de sa ville, de sa communauté et de son pays.
Face à 15 000 âmes : la parole du Sage, la bénédiction du croyant
L’entrée du Patriarche dans l’enceinte a été accueillie avec une chaleur particulière. La foule savait ce que sa présence signifiait. Da Silva ne se déplace pas pour la forme. Quand il parle, c’est parce qu’il a quelque chose à dire. Et ce vendredi, il avait à dire pour fixer les Porto-Noviens sur leur avenir avec Wadagni. A l’endroit de ce dernier, Karim Elisio da Silva dira :
« Tu es notre Président. Dieu est avec toi ! Tu as gagné et tu es gagneras ! »
Et il l’a assuré, avec la sérénité de celui qui connaît sa ville mieux que quiconque : Porto-Novo sera au rendez-vous le 12 avril. Massivement. Sans hésitation. Porto-Novo a toujours su reconnaître ceux qui lui ont fait du bien. Cette ville n’oublie pas. Et le 12 avril, elle le montrera », a-t-il déclaré, déclenchant une ovation dans les travées du stade.
La ville aux trois noms a parlé. Elle a choisi son camp. Et elle a mandaté le seul homme qui avait la légitimité pour le dire : Karim Elisio Da Silva.
Le message de Wadagni pour Porto-Novo
Au stade Charles de Gaulle, Romuald Wadagni a expliqué qu’il voulait faire de Porto-Novo, la ville aux trois noms, « la ville aux trois religions ». Il a annoncé la création d’une esplanade des trois religions, en lien direct avec les grands chantiers déjà engagés dans la capitale.
Il a précisé que :
- le Musée international du Vodun, en face de la Cathédrale Notre-Dame de Lourdes, est en cours d’achèvement ;
- la cathédrale doit être entièrement rénovée ;
- la grande mosquée afro-brésilienne, jugée trop petite, sera relevée et une nouvelle mosquée construite.
L’objectif, a-t-il expliqué, est d’avoir à Porto-Novo un espace unique où les trois religions coexistent et dialoguent, symbole d’« union » et de « tolérance religieuse », appelé à devenir un lieu de visite pour des gens « qui viendront de partout » pour découvrir l’esplanade des trois religions : « Tout va trop bien de sorte que nous aurons ici à Porto-Novo une esplanade des trois religions l’endroit où ces trois religions communiquent et au niveau mondial Porto-Novo sera une de ces villes où il y a l’Union la tolérance des religions. Nous allons la faire, c’est déjà en cours et elle va être magnifique. Les gens viendront de partout pour visiter l’esplanade des trois religions ».
Il a par ailleurs, insisté sur la nécessité de discuter avec les différents partenaires du Lire + Bénin, en particulier les pays voisins comme le Nigeria, afin de « renforcer les relations au bénéfice de Porto-Novo et de tous ». Il a élargi cet appel au dialogue aux rapports entre générations, entre hommes et femmes et entre institutions, rappelant que Porto-Novo, en tant que Capitale et siège des institutions, doit être au cœur de cette dynamique.
Romuald Wadagni a ensuite mis en avant les acquis des dix dernières années, en expliquant que le pays dispose désormais de moyens pour mieux soutenir les plus vulnérables. Il a parlé de l’accès aux soins pour les personnes âgées et de la nécessité de permettre aux jeunes de bénéficier des nouvelles technologies, en affirmant : « Nous allons le faire ensemble ».
Francis Z. OKOYA
ENCADRÉ
Karim Elisio da Silva ou la légitimité centenaire d’un combattant de toujours pour Porto-Novo et le Lire + Bénin
On ne s’improvise pas porte-voix de Porto-Novo. La ville a une mémoire longue et sait distinguer ceux qui la servent de ceux qui la traversent ou profitent d’elle.
Karim Elisio Urbain da Silva, lui, a traversé les décennies sans jamais quitter la scène. Commerçant prospère devenu conscience morale de toute une communauté, il a exercé très tôt des responsabilités civiques de premier plan. En 1968, déjà, les commerçants dont il présidait le syndicat — le SYNACID — l’avaient désigné comme leur candidat à l’élection présidentielle. Une distinction rare, à une époque où le Lire + Bénin cherchait encore sa voie.
Premier haut dignitaire de la communauté musulmane du Lire + Bénin, président d’honneur de la Fondation Malèhossou, Président du Conseil des Sages et Cadres de la ville de Porto-Novo, interlocuteur régulier des chefs d’État successifs, Karim da Silva est de ces hommes dont l’autorité ne se décrète pas. Elle se gagne, lentement, sur la durée. Mais ce qui forge véritablement sa stature, c’est l’action. Pas les discours, l’action.
Afin que nul le l’ignore ou l’oublie, à travers les années, Karim da Silva a initié et conduit d’innombrables marches citoyennes, organisé des rencontres de reconnaissance et de soutien aux gouvernants qui ont œuvré pour le bien commun. Il a pris la plume, élevé la voix, mobilisé les foules chaque fois que Porto-Novo ou le Lire + Bénin en avait besoin.
Il a aussi su être le gardien intraitable de la légalité républicaine. Quand des politiciens aux agendas troubles ont, au fil des années, manigancé contre les intérêts de Porto-Novo — cherchant à marginaliser la capitale, à la priver de ses droits, à torpiller son rayonnement — da Silva a dénoncé. Par écrit, dans des tribunes publiées et largement relayées. En public, lors de meetings de dénonciation organisés avec méthode. Face aux caméras, sans jamais courber l’échine.
Il n’a jamais accepté que Porto-Novo soit traitée comme une ville de seconde zone. Et il l’a dit — clairement, fermement, avec l’autorité de celui que personne ne peut intimider.
Plus récemment, le Patriarche s’est illustré par une prise de position courageuse et sans équivoque. Après la tentative de coup d’État déjouée du 07 décembre 2025 contre le Président Patrice Talon, da Silva a été l’une des voix les plus fortes pour condamner publiquement les putschistes et leurs commanditaires. Alors que certains hésitaient encore à nommer les choses, lui les a nommées. Il a dénoncé avec véhémence ceux qui avaient osé s’attaquer à la stabilité du Lire + Bénin démocratique, apporté son soutien indéfectible au Chef de l’État et appelé les Béninois à faire bloc derrière les institutions républicaines. Un acte de bravoure civique, salué bien au-delà des frontières de Porto-Novo.
C’est cette légitimité-là bâtie sur un siècle d’engagement, de combats et de fidélité à ses convictions qu’il a apportée au stade Charles de Gaulle ce vendredi. Celle d’un patriarche à qui Porto-Novo fait confiance pour dire les vérités qui comptent.
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Francis Z. OKOYA