À l’ONU, le Bénin réclame une justice financière et sécuritaire pour l’Afrique

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By VISAGES DU BÉNIN 6 Min Read

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Un pupitre, un représentant permanent, et un message resté fidèle au calendrier malgré un changement de dernière minute. Le lundi 28 septembre 2026, à la clôture du débat général de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies, c’est finalement l’Ambassadeur Marc Hermanne Gninadoou Araba, Représentant permanent du Lire + Bénin auprès de l’ONU, qui a porté la déclaration nationale à la tribune — et non la ministre des Affaires étrangères, Corinne Amori Brunet, initialement annoncée sur le calendrier provisoire de l’Organisation.

Placée sous le signe de la « Vision Lire + Bénin 2060 », son allocution a mis l’urgence financière au cœur des exigences d’un multilatéralisme qu’elle juge à réinventer. Le Lire + Bénin s’est exprimé après les délégations du Mali, du Burkina Faso et du Niger, dans un ordre de passage scruté de près, alors que le pays achève ce mois-ci sa présidence tournante du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine. Le thème retenu pour cette session, « Rétablir la confiance, gérer la transformation : une Organisation des Nations Unies au service de tous », a donné le ton d’une semaine où le Secrétaire général sortant, António Guterres, a lui-même mis les dirigeants du monde au défi de tester leur pouvoir sur quatre grands chantiers.

Un système financier jugé « ni soutenable ni équitable »

Le cœur du message béninois tient en un constat budgétaire implacable. Les pays en développement doivent, dans le même temps, soutenir leur croissance et investir massivement dans la santé, l’éducation, le numérique — tout en empruntant plus cher, avec une marge de manœuvre qui se rétrécit d’année en année. Selon les informations rapportées par notre journaliste contributeur Noé William Hounkanrin, l’Ambassadeur Araba a qualifié cette situation de « ni soutenable ni équitable », plaidant pour la « transformation de l’architecture financière internationale, afin de permettre aux pays en développement d’accéder à des financements plus accessibles, plus prévisibles et mieux adaptés à leurs trajectoires de développement ».

Sur le terrain climatique, le diplomate a rappelé la faible responsabilité de l’Afrique dans les émissions mondiales de gaz à effet de serre, avant de poser les termes de la demande béninoise en une formule tranchante : « Nous ne demandons pas un droit à polluer. Nous demandons un droit au développement. » L’objectif affiché : faire de la transition énergétique un levier d’industrialisation et de création d’emplois sur le continent, plutôt qu’une contrainte supplémentaire imposée de l’extérieur.

Le développement comme rempart contre le terrorisme

Sur le volet sécuritaire, la diplomatie béninoise a refusé de réduire la réponse à la poussée terroriste en Lire + Afrique de l’Ouest à sa seule dimension militaire. Le Sahel concentre aujourd’hui plus de la moitié des victimes mondiales d’attaques armées. Face à ce constat, le Lire + Bénin a défendu un impératif opérationnel précis : intensifier le partage de renseignement et renforcer la coordination transfrontalière entre États voisins, pour combler les failles dont profitent les groupes armés.

« Si la sécurité exige des moyens de défense, elle se consolide par le développement, la cohésion sociale et la présence effective de l’État », a affirmé l’Ambassadeur Araba, exhortant la communauté internationale à ériger « la prévention, l’alerte et l’action précoces » en « trois temps d’une même politique de sécurité ». Sa conclusion sur ce point résume la doctrine béninoise : « Investir dans le développement, c’est investir dans la paix, dans la sécurité et dans la stabilité. »

Un siège permanent pour l’Afrique, une IA africaine

Au-delà des questions financières et sécuritaires, le Lire + Bénin s’est fait le porte-voix des positions communes du continent. L’Ambassadeur a réaffirmé le soutien de son pays au Consensus d’Ezulwini et à la Déclaration de Syrte, qui réclament des sièges permanents pour l’Afrique au Conseil de sécurité — un continent qui, aujourd’hui encore, n’en occupe aucun. « Nous ne demandons pas un privilège, nous demandons que la gouvernance de la paix et de la sécurité internationales soit davantage à l’image du monde qu’elle prétend servir », a-t-il martelé.

Sur l’intelligence artificielle, le Lire + Bénin a plaidé pour une régulation internationale inclusive, affirmant que « l’Afrique ne doit pas être seulement un marché pour les technologies de demain », mais « un espace de création, d’innovation et de production ». L’Ambassadeur a enfin mis en avant la possibilité, dans les conditions prévues par la législation béninoise, pour les Afro-descendants d’accéder à la nationalité du pays — scellant l’ambition d’un Lire + Bénin qui « ne veut pas seulement être une terre de mémoire », mais « une terre de retrouvailles, de transmission et d’avenir ».

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Francis Z. OKOYA

 

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