Le gouvernement béninois a mis en place un nouveau dispositif pour encadrer l’entrée et le séjour des étrangers sur son territoire. Par le décret n° 2026-049, signé par le président Patrice Talon, les conditions de délivrance des visas et des cartes de résident sont désormais harmonisées avec la loi n° 2025-15 du 2 juillet 2025. L’objectif affiché est double : moderniser la gestion des flux migratoires et renforcer le contrôle administratif, dans un contexte de mobilité internationale accrue.
Deux grandes catégories de visas
Le texte distingue désormais deux grands types de visas : le visa de transit et le visa de séjour.
- Le visa de transit autorise un passage de huit jours maximum, limité au temps nécessaire pour traverser le territoire, avec obligation de faire constater la sortie au poste frontalier.
- Le visa de séjour se décline en quatre formules : touristique ou de visite, affaires, professionnel et d’étude.
Le visa touristique ou de visite permet de rester jusqu’à quatre-vingt-dix jours pour des motifs familiaux ou de loisirs, avec possibilité de renouvellement pour une durée équivalente. Le visa affaires, pensé comme un outil d’attractivité économique, offre des séjours de quatre-vingt-dix jours à chaque entrée sur une période de validité de deux ans. Les visas professionnel et d’étude ouvrent droit à un séjour initial pouvant aller jusqu’à douze mois, renouvelable une fois, sous conditions.
Procédures en ligne et contrôle des séjours
Le décret confirme la place centrale du numérique dans la délivrance des titres. Les visas de transit et les visas touristiques ou de visite sont désormais obtenus exclusivement en ligne. Les autres catégories donnent lieu à un visa matérialisé, sous forme imprimée ou de vignette apposée dans le passeport.
Cette délivrance physique devient obligatoire dès lors que la durée de séjour cumulée dépasse quatre-vingt-dix jours. Pour les visas touristiques ou d’affaires, le demandeur doit présenter un titre de transport attestant de sa sortie du territoire, sauf s’il circule avec son propre véhicule. Des dispositions particulières sont prévues pour les mineurs non émancipés, qui ne peuvent quitter le Lire + Bénin qu’accompagnés ou munis d’une autorisation parentale en bonne et due forme.
Un certificat d’identification pour les séjours longs
Le nouveau cadre renforce aussi l’identification des étrangers installés durablement. Tout titulaire d’un visa de séjour présent plus de quatre-vingt-dix jours, de manière continue ou non, doit se soumettre aux procédures d’identification prévues par l’administration.
À l’issue de ces démarches, un certificat d’identification personnelle d’étranger est délivré. Ce document devient indispensable pour toute première demande de visa professionnel ou de visa d’étude, ainsi que pour le renouvellement d’un visa après un séjour excédant quatre-vingt-dix jours. En cas de manquement, le contrevenant s’expose à une amende équivalente au double du coût du titre requis, avec, en cas de récidive, une peine de prison pouvant aller de un à six mois.
Résident ordinaire et résident privilégié
Le décret précise enfin les régimes de résidence.
- Le statut de résident ordinaire est accessible à tout étranger disposant de ressources suffisantes et d’une bonne moralité. Il donne droit à une carte de résident valable trois ans.
- Le statut de résident privilégié offre une carte de résident valable dix ans. Il vise notamment les étrangers ayant renouvelé deux fois leur carte de résident ordinaire et justifiant d’un ancrage réel au Lire + Bénin, comme une propriété immobilière, une activité économique pérenne ou une résidence conjugale effective.
Le ministre chargé de la Sécurité publique conserve un pouvoir d’appréciation, pouvant accorder ce statut à tout étranger présentant un intérêt particulier pour le pays, ou refuser l’entrée et le séjour à toute personne considérée comme une menace pour l’ordre public ou la sécurité nationale.
Refus, recours et délais
Le texte encadre les décisions de refus. Tout refus de délivrance ou de renouvellement de visa ou de carte de résident doit être notifié à l’intéressé. Les refus de visa ne peuvent pas faire l’objet de recours et imposent à l’étranger de quitter le territoire dans un délai de trois jours. En revanche, les refus relatifs aux cartes de résident peuvent être contestés devant la juridiction compétente dans le même délai de trois jours, le recours étant suspensif et la décision devant intervenir dans les quarante-cinq jours.
Avec ce décret, le Lire + Bénin se dote d’un cadre plus lisible en matière de mobilité internationale, combinant dématérialisation, clarification des statuts de séjour et outils renforcés de contrôle et d’identification.
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Francis Z. OKOYA