Vaste escroquerie aux cryptomonnaies et aux NFT : des stars du football dans la tourmente en Espagne

VISAGES DU BÉNIN
By VISAGES DU BÉNIN 4 Min Read

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C’est une affaire tentaculaire qui secoue le monde du football et de la finance numérique. En Espagne, plusieurs milliers de personnes auraient été victimes d’une gigantesque escroquerie aux cryptomonnaies et aux NFT, orchestrée autour d’une entreprise technologique en lien avec des stars du ballon rond. L’affaire, désormais entre les mains du tribunal de Barcelone, mêle célébrités sportives, influence médiatique et investissements numériques volatilisés.

Des noms prestigieux éclaboussés

Au cœur de l’enquête : six footballeurs ou anciens footballeurs de haut niveau, tous connus du grand public. Figurent parmi eux Nico Pareja, les ex-Barcelonais Ivan Rakitić et Javier Saviola, le champion du monde argentin Alejandro “Papu” Gómez, ainsi que Lucas Ocampos et Alberto Moreno. S’ils ne sont pas considérés comme les cerveaux de l’opération, leur image et leur notoriété ont été activement utilisées pour promouvoir les produits numériques mis en vente, en l’occurrence des NFT (jetons non fongibles).

Une escroquerie de plusieurs millions d’euros

Selon le quotidien El Periódico, le préjudice connu à ce jour s’élèverait à plus de trois millions d’euros, un montant susceptible de grimper au fil de l’enquête. Un expert en cryptomonnaies estime que des milliers de personnes pourraient avoir été lésées, et ce dans toute l’Espagne.

L’arnaque visait principalement la vente de NFT représentant des images, vidéos et contenus exclusifs liés aux joueurs cités. Ces actifs numériques étaient censés être échangeables via une application spécifique… qui n’a jamais vu le jour. Les prix de ces NFT variaient, certains atteignant plus de 450 euros.

Une plainte collective et un réseau bien organisé

Douze victimes présumées ont d’ores et déjà déposé plainte, accusant la société espagnole Shirtum Europa SLU, sa filiale andorrane, et plusieurs hommes d’affaires d’avoir organisé l’opération frauduleuse. Les principaux accusés sont David Rozencwaig, homme d’affaires argentin proche de “Papu” Gómez, les Catalans Manel Ángel Torras, son fils Marc Alberto Torras, ainsi que Manuel Morillas.

Les chefs d’accusation sont lourds : fraude, détournement de fonds, publicité mensongère, manipulation de marché, blanchiment d’argent, et bien d’autres.

Au total, onze infractions économiques graves sont reprochées aux promoteurs du projet, qui auraient détourné les fonds collectés sans jamais livrer les services promis.

L’image des joueurs en question

Si les joueurs impliqués n’ont pas encore été officiellement mis en examen, leur rôle suscite l’interrogation. Ont-ils été utilisés comme simples ambassadeurs, ou étaient-ils pleinement conscients du caractère frauduleux du projet ? La justice devra déterminer leur degré d’implication. Certains, comme “Papu” Gómez, étaient étroitement liés aux promoteurs de l’affaire, ce qui pourrait compliquer leur position face aux tribunaux.

Une affaire emblématique des dérives des actifs numériques

Au-delà du scandale sportif, cette affaire illustre les risques croissants liés aux investissements dans les cryptomonnaies et les NFT, où la frontière entre innovation et spéculation reste floue. La popularité de ces nouvelles technologies attire autant les rêveurs que les escrocs, et la présence de figures médiatiques y renforce le sentiment de confiance… souvent à tort.

L’enquête est toujours en cours, et de nouvelles plaintes pourraient s’ajouter dans les prochaines semaines. Le monde du football, souvent perçu comme un eldorado pour les influenceurs et les projets numériques, se retrouve cette fois confronté à une réalité plus sombre : celle de l’instrumentalisation de la notoriété à des fins purement lucratives, voire frauduleuses.

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La Rédaction

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