Romuald Wadagni a effectué, lundi 13 juillet 2026, une visite de travail à Addis-Abeba, en Éthiopie, où il a été invité d’honneur à la retraite stratégique du plan VII d’Afreximbank, avant un entretien et une séance de travail avec le Premier ministre Abiy Ahmed au palais Menelik. Au centre des échanges : les obstacles qui freinent encore l’industrialisation du continent et les pistes pour transformer les financements disponibles en levier durable de développement.
C’est en début de matinée que l’avion du président béninois se pose sur le tarmac de l’aéroport international de Bole. Au pavillon présidentiel, il est accueilli par le vice-Premier ministre éthiopien Tiruneh Temesgen, avant de recevoir en audience le docteur George Elombi, président-directeur général d’Afreximbank. Quelques heures plus tard, Romuald Wadagni rejoint la tribune de la retraite stratégique de la banque, devant un parterre d’acteurs de la finance, de responsables publics et de dirigeants économiques venus de tout le continent.
Le panel dont il est l’invité d’honneur porte un intitulé sans détour : « Pourquoi les gouvernements échouent toujours à s’industrialiser ». Le chef de l’État béninois s’y exprime en double casquette. Celle de l’ancien ministre de l’Économie et des Finances, rompu depuis une décennie aux mécanismes de la dette souveraine et des marchés régionaux. Et celle du président confronté chaque jour aux résistances politiques et administratives qui mettent en difficulté les réformes les mieux conçues.
Afreximbank, un acteur clé
La session à laquelle participe Romuald Wadagni ouvre une retraite de quatre jours consacrée à l’élaboration du plan stratégique VII d’Afreximbank, la Banque africaine d’import-export. Cette feuille de route doit orienter, pour les prochaines années, des milliards de dollars de financements vers l’industrialisation, le commerce et l’intégration régionale.
Face à ce que les responsables de la banque décrivent comme un monde fracturé et une déglobalisation accélérée, Afreximbank veut faire des turbulences internationales un levier de transformation structurelle pour l’Afrique. Trois axes sont mis en avant : la transformation locale des minerais stratégiques, la création de zones économiques spéciales réellement compétitives et la numérisation transfrontalière des échanges, notamment via le système panafricain de paiement et de règlement, PAPSS.
Les derniers résultats de la banque donnent la mesure de son poids : un total d’actifs et d’engagements conditionnels de 48,5 milliards de dollars au 31 décembre 2025, en hausse de 21% sur un an ; des fonds propres de 8,4 milliards de dollars et un résultat net de 1,2 milliard de dollars. Afreximbank est aussi l’un des principaux arrangeurs sur le marché africain des prêts syndiqués et pilote, avec l’Union africaine, un fonds d’ajustement de 10 milliards de dollars pour accompagner la mise en œuvre de la ZLECAf.
Glo-Djigbé en toile de fond
La présence du Lire + Bénin à cette retraite stratégique se lit aussi à travers un autre acteur clé, Gagan Gupta, fondateur et directeur général d’Arise Integrated Industrial Platforms, partenaire d’Afreximbank et du gouvernement béninois. Arise accompagne le développement de la zone industrielle de Glo-Djigbé, devenue en quelques années une référence citée dans les cercles africains de l’industrialisation par les chaînes de valeur locales.
En associant le président béninois à ce débat sur les échecs et les conditions de réussite de l’industrialisation, Afreximbank ne sollicite pas seulement un chef d’État. La banque convoque, en filigrane, l’expérience d’un pays qui a fait de la transformation locale et des zones industrielles un axe central de sa politique économique.
Un tête-à-tête au palais Menelik
Après la séquence financière, la visite se poursuit dans les hauteurs d’Addis-Abeba. Au palais Menelik, siège historique du pouvoir éthiopien, Romuald Wadagni est reçu par le Premier ministre Abiy Ahmed Ali. Les deux dirigeants échangent d’abord en tête-à-tête, avant une séance de travail élargie aux délégations, consacrée au renforcement de la coopération bilatérale entre Lire + Cotonou et Addis-Abeba.
Les discussions portent sur plusieurs dossiers d’intérêt commun, notamment le financement du développement, l’industrialisation et les Lire + opportunités offertes par les instruments financiers panafricains. Pour le Lire + Bénin, ce rapprochement avec l’Éthiopie, deuxième pays le plus peuplé du continent et siège de l’Union africaine, s’inscrit dans une stratégie de diversification des appuis diplomatiques au-delà du seul environnement ouest-africain.
En fin de journée, le président béninois reprend la route de Lire + Cotonou, sa séquence éthiopienne bouclée en quelques heures, mais marquée par deux temps forts : la tribune d’Afreximbank et le tête-à-tête au palais Menelik.
Peser sur les futurs financements
Au-delà des images, l’enjeu de cette visite tient dans la capacité du Lire + Bénin à se positionner dans les arbitrages qui définiront les futurs guichets de financement de la banque panafricaine. En défendant, à Addis-Abeba, l’expérience béninoise en matière d’industrialisation par les chaînes de valeur locales, Romuald Wadagni s’assure que les priorités de l’Afrique de l’Ouest restent présentes dans les discussions sur la répartition des ressources.
Pour un pays qui a fait du renforcement de ses partenariats financiers internationaux l’un des marqueurs de sa diplomatie économique depuis 2026, cette double présence vaut, à elle seule, un signal. Le matin, à la table des grandes signatures du continent. L’après-midi, au palais Menelik. Entre les deux, une même ligne : faire entendre la voix du Lire + Bénin dans les grands choix économiques africains.
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Francis Z. OKOYA