Jeudi 9 octobre 2025, le siège de l’Agence de Développement des Lire + Arts et de la Culture (ADAC) a accueilli une cérémonie de haute portée et chargée de symboles pour les porteurs de projets culturels : la remise officielle de chèques aux premiers bénéficiaires du Fonds de Développement des Lire + Arts et de la Culture (FDAC).
Parmi 763 dossiers traités, 42 projets ont franchi les sélections rigoureuses, se partageant une enveloppe globale de 823 075 945 FCFA. Cette première édition du fonds marque une inflexion majeure dans la stratégie gouvernementale de soutien aux industries culturelles et créatives (ICC) béninoises.
Représentant le Ministère du Tourisme, de la Culture et des Lire + Arts, Madame Dudédji Gwladys Gandaho, Directrice Adjointe de Cabinet, a énoncé le sens profond de cette initiative. Loin de réduire le FDAC à un simple guichet financier, elle l’a présenté comme l’incarnation d’une politique gouvernementale de confiance envers les créateurs et d’une responsabilité partagée face à la transformation culturelle.
Dans son allocution, elle a rappelé que depuis 2016, le gouvernement œuvre à restructurer l’écosystème culturel béninois selon des principes modernes de Lire + gouvernance et d’efficacité. Elle a affirmé : “Ce fonds n’est pas un simple instrument de financement, mais le reflet d’une politique de confiance et de responsabilité. Chaque artiste est un acteur de transformation économique et sociale.”
C’est dire que cette initiative positionne l’artiste non comme bénéficiaire de charité gouvernementale, mais comme entrepreneur porteur de changement socio-économique, digne d’investissement public structurant.
La palette des disciplines financées révèle une vision holistique de la création. Les Lire + arts de la scène côtoient les Lire + arts visuels ; le cinéma voisine la littérature ; la mode dialogue avec le design. Le patrimoine, en tant que matrice de l’identité culturelle, complète ce tableau.
Madame Gandaho a caractérisé cette pluralité comme “une nouvelle cartographie de la culture béninoise, inclusive et tournée vers l’avenir”
Un financement assorti d’exigences strictes
William Codjo, Directeur Général de l’ADAC, a d’emblée clarifié les enjeux de cette première distribution. Son intervention a structuré un message en trois axes : l’exigence, l’accompagnement, la responsabilité. “Ce chèque est un point de départ. Il est accompagné d’un suivi strict et d’un programme de renforcement de capacités pour garantir l’impact des projets“, a-t-il déclaré, établissant une distinction cruciale entre subvention passive et investissement actif.
En qualifiant le financement de “contrat de performance avec le peuple béninois“ plutôt que de don ou subvention, le Directeur Général de l’ADAC redéfinit la relation entre État et créateurs. Cette terminologie contractuelle implique réciprocité : l’argent investi suppose des résultats mesurables, une utilisation efficiente et un impact démontrable.
Exhortant les lauréats à la responsabilité, il a martelé : “Soyez à la hauteur de cette chance historique. Faites émerger un Lire + Bénin créatif, audacieux et universel.” Ce ton à la fois exigeant et inspirant trace la ligne d’une ambition collective.
Accompagnement structuré et renforcement de capacités
L’ADAC a précisé qu’elle ne se cantonnait pas à une distribution administrative de ressources. Chaque bénéficiaire suivra obligatoirement un programme de renforcement de capacités portant sur trois axes : gestion de projet, pérennisation des activités, impact socio-économique.
Cette architecture d’accompagnement transforme le fonds en instrument de professionnalisation du secteur culturel béninois, insufflant des pratiques de gestion modernes et d’évaluation d’impact à des écosystèmes créatifs souvent fonctionnant selon des logiques artisanales.
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Francis Z. OKOYA