Dans un contexte marqué par une intensification des investissements structurants, le Lire + Bénin parvient à conserver un déficit budgétaire maîtrisé sur la période 2026-2028. C’est ce que révèle le Document de Programmation Budgétaire et Économique Pluriannuelle (DPBEP), publié en mai dernier par le ministère de l’Économie et des Finances.
Malgré une augmentation des dépenses publiques, le déficit budgétaire devrait passer de 2,9 % du PIB en 2025 à 2,6 % en 2028. En valeur absolue, le déficit global progresserait de 419,9 à 482,2 milliards de francs CFA, mais rapporté à la richesse nationale, il afficherait une tendance à la baisse : 2,7 % du PIB en 2026, puis 2,6 % en 2028.
Cette performance repose sur une stratégie budgétaire rigoureuse, fondée sur la maîtrise des charges et une dynamique soutenue des recettes internes. Les ressources issues des opérations budgétaires devraient croître de 12,8 % en 2026 pour atteindre 2.669,5 milliards de francs CFA, avant de culminer à 3.351,6 milliards en 2028, soit une progression annuelle moyenne de 12,3 %. Les dépenses totales, quant à elles, devraient s’établir à 3.833,8 milliards de francs CFA en 2028, avec une croissance moyenne de 11,3 % par an.
Des investissements publics en pleine expansion
Les dépenses en capital, principalement orientées vers les infrastructures, continueront leur ascension, passant de 1.219,7 milliards en 2026 à 1.555,9 milliards de francs CFA en 2028. Cette hausse reflète l’engagement du gouvernement à moderniser les équipements collectifs et à soutenir la croissance économique par des projets structurants.
Des réformes fiscales porteuses de résultats
La hausse des recettes fiscales est le fruit d’une série de réformes ambitieuses menées dans les régies financières. En 2024, les recettes fiscales ont atteint 1.895,6 milliards de francs CFA, soit 14,6 % du PIB, enregistrant une progression de 26,5 % par rapport à 2021.
La Direction Générale des Impôts (DGI) a collecté à elle seule 1.140,7 milliards de francs CFA, en hausse de 28 % par rapport à 2022. Cette performance s’explique par plusieurs mesures phares : 1- Obligation de paiement de la TVM avant la visite technique ou l’assurance automobile ; 2- Intégration des plateformes numériques étrangères comme Facebook et Google dans le circuit fiscal ; 3- Déploiement des téléprocédures dans les centres d’impôts pour les petites entreprises ; 4- Instauration d’un prélèvement de 5 % sur les transactions via e-Mecef; 5- Rationalisation des exonérations fiscales sur les salaires
La Douane et le Trésor Public ont également renforcé leur efficacité. En 2024, les recettes douanières ont atteint 581,6 milliards de francs CFA, soit une hausse de 35,3 % par rapport à 2022, grâce à la généralisation de la valeur transactionnelle, à la digitalisation des procédures et à des contrôles plus rigoureux. Les recettes non fiscales ont progressé à 173,9 milliards de francs CFA, portées par une meilleure traçabilité et une modernisation des mécanismes de collecte.
Des priorités budgétaires alignées sur les enjeux nationaux
Entre 2026 et 2028, la politique budgétaire du Lire + Bénin visera à : 1- Renforcer la mobilisation des ressources internes ; 2- Cibler les dépenses publiques de manière stratégique ; 3- Rationaliser les charges de fonctionnement pour préserver les capacités d’investissement.
Des enveloppes spécifiques seront consacrées à l’organisation des élections générales de 2026, à la sécurité nationale, à la transition institutionnelle du prochain quinquennat, ainsi qu’à la réalisation des Objectifs de Développement Durable (ODD) et à la mise en œuvre de la Vision Lire + Bénin.
Le Lire + Bénin confirme ainsi sa volonté de conjuguer discipline budgétaire et ambition économique, dans une logique de développement durable et inclusif.
Francis Z. OKOYA