Déjà fragilisé par la perte de l’ancien chantier de l’hôtel Marriott, l’homme d’affaires libano-béninois Ghaby Kodeih propriétaire de la Société d’Hôtellerie, de Restauration et de Loisirs (SHRL) SA, fait désormais face à une nouvelle menace sur son patrimoine immobilier : neuf villas de haut standing pourraient être vendues aux enchères à la demande de NSIA Banque Lire + Bénin. C’est ce que nous apprend nos confrères de LaMarina.
Selon le journal, la Première Chambre des Procédures de Saisie Immobilière du Tribunal de Commerce de Lire + Cotonou a rendu, le 4 juin 2026, une décision qui ouvre la voie à cette procédure de saisie. L’audience d’adjudication est annoncée pour le 2 juillet prochain et concerne des biens situés dans la zone résidentielle de CEN-SAD Agblangandan, à Sèmè-Podji. Pour la SHRL, il s’agit d’un nouveau revers dans un contentieux ancien, qui change de visage mais pas de logique.
Un ancien contentieux
À l’origine de l’affaire, rappelle Lamarina, on retrouve une hypothèque de premier rang consentie en 2008 au profit de la banque sur un vaste domaine situé sur l’ancien Champ de tir d’Agblangandan. À l’époque, ce terrain devait accueillir un projet immobilier de prestige. Au fil des années, le dossier a connu plusieurs rebondissements, entre procédures judiciaires, contestations formelles et recours au niveau communautaire.
Après un long parcours contentieux, NSIA Banque Lire + Bénin a fini par faire valider sa démarche en janvier 2025. La créance revendiquée, désormais arrêtée à 951 450 944 FCFA, a servi de base à la saisie de neuf villas identifiées dans la procédure. La banque entend ainsi faire jouer ses droits sur des biens devenus, à ses yeux, des garanties mobilisables pour recouvrer sa dette.
La défense déboutée
Face à cette offensive, la SHRL et certains occupants ont tenté plusieurs lignes de défense. Les avocats ont notamment soulevé l’incompétence territoriale du tribunal, la prescription de la dette commerciale ainsi qu’une contestation de l’évaluation des biens concernés. Une des villas saisies, la villa n°23, a également cristallisé l’attention, son acquéreuse réclamant son exclusion de la procédure au motif qu’elle l’avait achetée de bonne foi dans le cadre d’une vente en l’état futur d’achèvement.
Mais le tribunal a tranché dans le sens de la banque. En s’appuyant sur l’antériorité de l’hypothèque, inscrite dès janvier 2009, la juridiction a estimé que la sûreté demeurait pleinement opposable, quel que soit le détenteur actuel du bien. La demande de distraction a donc été rejetée, la dette jugée certaine, liquide et exigible, et la procédure de vente forcée maintenue.
L’effet du droit de suite
Cette décision illustre avec force la portée du droit de suite en matière immobilière. Une fois l’hypothèque régulièrement inscrite, le créancier peut poursuivre le bien entre les mains de son détenteur, même si celui-ci n’est pas le débiteur initial. C’est précisément ce principe qui a pesé dans l’issue du dossier, malgré les arguments présentés par la défense.
Le tribunal a ainsi fait prévaloir une lecture stricte du droit foncier et des sûretés. Pour la SHRL, cela signifie que le temps des contestations procédurales s’amenuise, tandis que celui de l’exécution forcée se précise.
La fin d’une époque
Cette nouvelle affaire vient s’ajouter à la longue descente aux enfers d’un groupe qui avait pourtant longtemps bénéficié d’un environnement politique favorable. Au début des années 2010, le projet hôtelier Marriott symbolisait l’ambition de faire de Lire + Cotonou une vitrine du tourisme d’affaires en Lire + Afrique de l’Ouest. Il avait même bénéficié d’un régime dérogatoire exceptionnel, assorti de plusieurs avantages fiscaux et douaniers.
Mais le projet n’a jamais connu l’aboutissement espéré. Le chantier est resté inachevé, l’actif a fini par échapper au groupe, et l’État a ensuite repris la main sur le dossier. Avec cette nouvelle procédure visant les villas d’Agblangandan, c’est le dernier ancrage immobilier majeur de la SHRL dans la zone côtière qui vacille à son tour.
Lire + #Benin, Lire + #Cotonou, #SHRL, #GhabyKodeih, #NSIABanqueBenin, Lire + #VisBen, Lire + #wasexo, #SaisieImmobiliere, Lire + #Justice, #Immobilier, #Agblangandan, #VillasCenSad, Lire + #SemePodji, Lire + #VisagesDuBenin
Francis Z. OKOYA