En France, l’Assemblée nationale a franchi, ce mardi 27 mai, une étape décisive dans le débat sur la fin de vie. Les députés ont adopté en première lecture, par 305 voix contre 199, la proposition de loi défendue par Olivier Falorni (Modem), qui instaure un droit à l’aide à mourir.
Ce texte vise à « autoriser et accompagner une personne ayant exprimé sa volonté à recourir à une substance létale ».
La loi encadre strictement les conditions d’accès à cette aide. Pour y prétendre, il faudra être majeur, de nationalité française ou résident stable et régulier sur le territoire. Le patient devra également être atteint d’une maladie grave et incurable, en phase avancée ou terminale, et souffrir de manière physique ou psychologique de façon constante. Il devra aussi être en capacité d’exprimer librement et de manière éclairée son choix.
Des lignes de fracture au sein des groupes politiques
Le vote n’a pas suivi des clivages politiques traditionnels. Au sein du Rassemblement national, 19 députés ont voté pour, tandis que 101 s’y sont opposés. La majorité du groupe Droite républicaine s’est aussi prononcée contre (34 voix), bien que six membres aient soutenu le texte.
À gauche, le soutien a été quasi unanime : les socialistes (59 pour, 4 contre, 2 abstentions), les écologistes (33 pour, 1 contre, 1 abstention) et les députés de La France insoumise (62 pour, 1 contre, 3 abstentions) ont massivement voté en faveur de la proposition. Du côté du groupe présidentiel Ensemble pour la République, la majorité s’est également montrée favorable (64 pour, 11 contre, 14 abstentions).
Un texte attendu au Sénat à l’automne
Après son adoption au Palais Bourbon, le texte doit maintenant passer l’étape du Sénat, dominé par la droite et le centre, qui pourraient se montrer plus réservés face à cette réforme.
Selon la ministre Catherine Vautrin, les sénateurs pourraient examiner le projet entre septembre et décembre prochains, en vue d’un éventuel retour à l’Assemblée nationale début 2026.
Les autres pays qui ont précédé la France sur le sujet
Les Pays-Bas en 2001 la Belgique en 2002 et le Luxembourg en 2009 ont été parmi les premiers à autoriser l’euthanasie sous certaines conditions strictes.
Au Canada depuis 2016, l’aide médicale à mourir est encadrée par des critères précis, notamment une souffrance intolérable et une maladie grave et incurable.
L’Espagne en 2021 et le Portugal en 2023 ont t adopté des lois permettant l’euthanasie et le suicide assisté.
En Colombie : La Cour constitutionnelle du pays a reconnu en 2015, le droit à l’aide à mourir, même pour les patients qui ne sont pas en phase terminale.
En Nouvelle-Zélande L’euthanasie est autorisée en 2021 pour les patients atteints de maladies incurables.
En Australie : La loi fédérale n’est pas favorable à l’euthanasie. Mais plusieurs États l’ont adopté sous des régimes différents.
En Suisse, le suicide assisté est légal sous certaines conditions, bien que l’euthanasie active reste interdite.
Enfin aux États-Unis, Certains États comme l’Oregon, Washington, Californie et le Vermont autorisent le suicide assisté.
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La rédaction