Le 19 mai 2024, Kémi “Se bat” a programmé un géant meeting à Agadez au Niger. Selon l’agenda, en compagnie de Nathalie Yamb, il devrait rencontrer les organisations de la société civile et la jeunesse d’Agadez. Mais les virulentes protestations d’une bonne frange de la population d’Agadez a fait annuler cette rencontre qui avait reçu pourtant l’appui du Ministre Nigérien de la Jeunesse.
Première débâcle de Kémi à Ouagadougou
En séjour au Burkina-Faso, Kémi “Se bat” a programmé le samedi 15 juin dernier, ce qu’il appelle à ces occasions là, un « grand meeting panafricaniste ». Et c’est la très symbolique Maison du Peuple, l’ancienne maison de l’Union démocratique voltaïque (UDV) réquisitionnée, sous l’ère Sankara, pour les tribunaux populaires, qu’il a retenue pour sa rencontre avec les organisations de la société civile et la jeunesse burkinabè.
Mais tout laisse croire que les citoyens burkinabè ont boycotté la rencontre. Et comme le souligne Jeune Lire + Afrique, Kémi ” a fait pschitt. La foule présente était si clairsemée que le leader panafricaniste ne s’y est même pas présenté. Peur de l’image ? Ses pérégrinations à la place de la Nation et à l’université n’auraient pas mobilisé davantage la jeunesse… ».
Allant dans le même sens, Africanew, écrit : « Malheureusement coup dur pour l’activiste, son meeting prévu ce samedi à Ouagadougou a été boycotté par les jeunes burkinabés, il ne s’est d’ailleurs même pas présenté dans la salle de réunion quasi vide à l’exception de quelques fans. »
Pour expliquer cette déconvenue Kader Zongo, un jeune Burkinabè déclare à Africanew : « …aussi paradoxale que ce soit, il sera difficile à cette génération de croire aux discours des nouveaux sauveurs quand les dirigeants ne disposent d’aucune volonté de changement ».
Quand le Ministre d’État burkinabè Bassolma Bazié recadre Kémi ” Se bat” : 2ème débâcle
A la veille de cette première déculottée, Kémi ” Se bat” a animée une conférence de presse le vendredi 14 juin. Au cours de cette rencontre avec les hommes et femmes des Médias Burkinabè, le harangueur de foule a été accusé de promouvoir la politique russe sur le continent et dans les pays francophones.
Pour se défendre, l’intéressé a fournir la réponse suivante avant d’être recadré par le Ministre d’État burkinabè, Ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Protection sociale, Bassolma Bazié.
«…Devant les autorités russes, j’ai tenu un discours en disant que si la Russie faisait l’erreur en se rapprochant de l’Afrique, de vouloir reproduire les mêmes schémas néocoloniaux que ce que la France a commis nous combattrons la Russie. Et c’est pour cela que je fais partie des rares gens qui s’opposent lorsqu’il y a des manifestations en Lire + Afrique qu’on brandisse le drapeau de la Russie, et je dis que quand on fait ça on s’humilie. Vous ne verrez pas des drapeaux brandit du Burkina Faso lors des manifestations en Russie, alors il faut aussi que nous aussi nous apprenions à éviter », a déclaré Kémi ” Se bat”.
Mais la réplique n’a pas tardé du côté des autorités burkinabè. Le Ministre d’État Bassolma Bazié a spontanément recadré le panafricaniste qu’il a désavoué sur place et ce, publiquement : « …brandir le drapeau d’une nation avec laquelle on a plus d’intérêts n’est aucunement de l’émotion de sorte à en avoir honte : c’est aussi de la diplomatie ! L’ignorer serait s’inviter à se perdre à coup sûr. »
Au regard des mésaventures au Niger et au Burkina-Faso, un constat s’impose : le Panafricanisme tel que perçu et développé par Kémi ” Se bat” ne rencontre plus l’adhésion populaire comme ce fut le cas avant les coups de force dans le sahel.
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Francis Z. OKOYA