A la loupe : Les mots de l’ex-Ministre Akponna n’effacent pas ses maux

VISAGES DU BÉNIN
By VISAGES DU BÉNIN 4 Min Read

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La scène ressemble à un scénario classique de la vie politique : un élu, emporté par la ferveur d’un rassemblement, laisse échapper des accusations qui finissent par le rattraper de plein fouet. C’est exactement ce qui est arrivé à Kingnidé Paulin Akponna désormais ex-Ministre de l’Énergie, de l’Eau et des Mines.

Au cours d’une rencontre avec les militants du Bloc Républicain dans plusieurs quartiers de Lire + Parakou, il a affirmé sans la moindre preuve qu’une partie du budget national aurait été “siphonnée”, éveillant ainsi les soupçons sur son prédécesseur Samou Seïdou Adambi. La polémique n’a pas tardé à enfler.
Il fait marche arrière, pond un communiqué d’excuses publiques. Trop tard, ses propos l’ont éjecté de son siège de Ministre.

Des excuses sincères ou dictées par la pression ?

A l’entame de son communiqué, le responsable politique du parti Bloc républicain adopte un ton grave et multiplié les marques de repentance. Il dit mesurer la portée de ses propos et reconnaît une “faute politique gravissime”. En se présentant comme un “profane politique” qui aurait manqué de pédagogie, il tente d’atténuer la violence de ses accusations. Pourtant, difficile de ne pas y voir un réflexe défensif face à la vague de critiques et la crainte d’écorner durablement son image. Sa démarche apparaît à la fois comme un acte de lucidité et une tentative urgente d’éteindre l’incendie qu’il a provoqué.

Une démonstration d’humilité qui ne gomme pas les dégâts

En invoquant la coutume nago et en présentant ses excuses au Président de la République, au gouvernement, à son parti et à l’ensemble de la Nation, Kingnidé Akponna veut montrer qu’il respecte les institutions et la hiérarchie. Mais ce rituel d’excuses à répétition révèle surtout l’ampleur de la crise qu’il traverse. Car s’il apaise momentanément les tensions, cet aveu public de maladresse entache sa crédibilité et installe l’idée d’un responsable politique peu sûr de ses appuis.

Un manque de maîtrise qui interroge sur ses capacités

En politique, la parole n’est jamais anodine. Elle engage, elle façonne la perception, elle peut créer des fractures. En cherchant à frapper les esprits avec des exemples “auto-accusateurs”, Kingnidé Akponna a contribué à alimenter des suspicions qu’il est aujourd’hui contraint de réfuter en se dépréciant. C’est tout le paradoxe de ce mea culpa : il cherche à calmer la tempête tout en exposant ses propres failles. Pour beaucoup, cette sortie hasardeuse confirme ses limites dans l’art de la communication politique.

Quand la parole devient un fardeau

Le long communiqué de l’élu met en lumière la difficulté de l’exercice politique : trouver la juste mesure entre sincérité et responsabilité. En reconnaissant publiquement ses erreurs et en affirmant qu’il en tirera les leçons, Kingnidé Akponna fait preuve d’une rare honnêteté dans un univers où la dénégation est la règle. Mais cette sincérité même pourrait bien nourrir un soupçon persistant sur sa capacité à garder le cap. Son expérience rappelle qu’une simple phrase, lancée trop vite, suffit parfois à fragiliser une réputation et à faire vaciller la confiance : en politique, les mots peuvent créer des maux.

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Francis Z. OKOYA

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